Francine Closener"Les Européens ont attendu trop longtemps et se sont fiés à leur grand frère américain"

Carine Lemmer
Les  Européens ont longtemps "négligé" le sujet défense, a déclaré la députée LSAP Francine Closener jeudi sur RTL. Il a toujours été question de "mettre sur pied une armée européenne", mais ce n'était "pas une priorité".

Par le passé, “nous avons vécu dans l’espoir que tout irait bien”, mais aujourd’hui, “les Européens sont appelés à faire des efforts”. “Nous n’avons pas d’autre alternative”. Mais “chaque crise est aussi une chance. Et je pense que l’Europe, avec ses 500 millions d’habitants, est en position de pouvoir se défendre contre l’expansion russe. Une politique dont personne ne sait où elle s’arrêtera. Nous sommes en réalité déjà en guerre aujourd’hui, si l’on considère les cyberattaques russes qui ont déjà frappé le Luxembourg.” Il faut également veiller à réduire les dépendances économiques, énergétiques et surtout financières. “Maintenant, l’Europe est appelée à se mettre d’accord pour élaborer une politique de défense commune et y investir de l’argent. Mais nous savons que si nous avons une crise, nous pouvons la traverser. Et l’argent sera trouvé. L’argent nécessaire sera alors débloqué. Nous l’avons vu, cela a aussi été fait pendant la pandémie.” Voilà pourquoi l’ex-secrétaire d’Etat à la Défense n’est pas si “négative”. A présent, nous ne pouvons plus “nous contenter de parler, nous devons aussi agir”, a indiqué la co-présidente du LSAP.

Retraites: le gouvernement doit annoncer la couleur

La députée socialiste estime également que “le dossier des retraites ne doit pas être pris à la légère”. Actuellement, c’est un peu comme “une boîte noire”. Nul ne sait quelle direction cela va prendre. “Il faut que le gouvernement montre à présent comment il entend changer le système et comment il veut le financer.” Dans ce contexte, Francine Closener a aussi souligné que le gouvernement ne peut pas négliger le dialogue social. Elle espère que le Premier ministre est conscient de “l’importance d’un bon dialogue social pour la situation politique du pays. Il a toujours été la base du modèle social luxembourgeois.”

Nouvelles règles pour les pétitions

Francine Closener est également présidente de la commission des pétitions à la Chambre des députés. A partir du 15 mars, de nouvelles règles s’appliqueront pour les pétitions. Cette semaine, ces nouvelles règles ont été adoptées par les députés. Ainsi le quota de signatures nécessaires pour qu’une pétition soit débattue au Parlement, a été augmenté à 5.500 au lieu de 4.500. “L’instrument des pétitions, qui est un instrument extrêmement important, surtout en période d’acrimonie politique, de théories du complot de la part de gens qui disent que la Chambre n’écoute pas les préoccupations du peuple, pour montrer la participation citoyenne”, indique la députée socialiste. Et “cet instrument est devenu fondamentalement un peu victime de son succès.

L’an dernier, 15 pétitions ont été débattues à la Chambre, de sorte qu’il faut parfois longtemps pour que ces débats puissent être organisés. Selon les nouvelles règles, ce délai ne pourra plus dépasser quatre mois. Les pétitions doivent rester un “instrument pertinent” et “il faut en assurer le suivi”, selon Francine Closener.

Elle ne considère pas l’augmentation du nombre de signatures nécessaires comme un obstacle au succès des pétitions. Après tout, le nombre de personnes susceptibles de signer une pétition a augmenté de façon substantielle au cours des 12 dernières années.

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