Recrutement, rentabilité, prix des énergies Les entrepreneurs luxembourgeois ont le moral dans les chaussettes

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Inflation, frais énergétiques élevés et difficultés à recruter... La situation actuelle inquiète les entrepreneurs luxembourgeois. Plus d'un tiers s'attendent à une baisse de leur rentabilité au cours des six prochains mois!

C'est ce qui ressort du nouveau baromètre économique de la Chambre de commerce, qui est centré sur les élections législatives de 2023. Selon l'enquête, pour les entreprises, les thématiques principales des prochaines élections seront, outre l'inflation, la réduction des coûts, le changement climatique et la flexibilité du temps de travail.

Une vendeuse qui a un salaire minimum qualifié ou non qualifié avec une prime, aujourd'hui, ne peut presque plus se loger au Luxembourg.

Actuellement, la confiance est au plus bas, selon Carlo Thelen, directeur de la Chambre de Commerce: "On se situe maintenant au-dessous de la tendance du Covid. Avec le Covid, dès le deuxième semestre 2021, on a vu une remontée de la confiance. Pourquoi? Mais parce qu'à ce moment-là les entreprises avaient une perspective. Il y avait les vaccins et il y avait l'espoir que les vaccins allaient agir rapidement et du coup c'est remonté. Actuellement, c'est l'inverse qui se passe parce qu'il n'y a pas de perspective. On ne sait pas du tout où on va aller..."

Plus d'un tiers des entreprises ont indiqué s'attendre à une baisse de leur rentabilité au cours des six prochains mois.

"UNE HEURE ET DEMIE POUR VENIR AU TRAVAIL"

Logement, transport, flexibilité des horaires de travail - comment pallier le manque de personnel qualifié et aussi non qualifié au Luxembourg? Lors d'une table ronde de la Chambre de commerce, quatre employeurs et les représentants de sept partis politiques ont débattu, entre autres, de cet enjeu, dans la perspective des élections de 2023.

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Le taux de chômage reste faible au Luxembourg, mais les entreprises n'arrivent pas à trouver suffisamment d'employés.

J'ai des gens chez moi qui me disent il y a quatre ans j'avais 45 minutes pour venir au travail, aujourd'hui il y a une heure et demie.

Le fort taux d'absentéisme, le logement et la mobilité sont les principaux problèmes, selon Carole Muller, dirigeante d'une chaîne de boulangeries et présidente de la Confédération luxembourgeoise du Commerce (CLC): "Une vendeuse qui a un salaire minimum qualifié ou non qualifié avec une prime, aujourd'hui, ne peut presque plus se loger au Luxembourg. Donc elle doit se loger en dehors des frontières, en France, en Allemagne ou en Belgique, mais à ce moment-là elle aura plus d'une heure de trajet. J'ai des gens chez moi qui me disent il y a quatre ans j'avais 45 minutes pour venir au travail, aujourd'hui il y a une heure et demie."

"PEUT ÊTRE TRAVAILLER TROIS OU QUATRE JOURS PAR SEMAINE"

Les gens devraient avoir la possibilité de commencer à travailler plus tôt ou plus tard et aussi de pouvoir répartir leur charge de travail de manière plus flexible, d'après Stéphanie Jauquet, propriétaire de restaurants et d'un traiteur: "Travailler aussi peut-être sur trois ou quatre jours par semaine. C'est dix heures de travail par jour maximum, peut-être que des gens préfèrent venir travailler trois journées de 12 heures par jour."

Pour une vendeuse, ce n'est peut-être pas possible, mais dans d'autres secteurs, la priorité devrait être le droit au télétravail, a déclaré le président des Jeunes libéraux, Michael Agostini, même si cela signifierait que la restauration sera prise en compte différemment: "On ne peut pas prendre la décision de ne pas promouvoir le télétravail pour sauver l'horeca. Il faudra soutenir l'horeca dans une transition dans un monde où demain, on aura peut-être moins de gens qui se déplacent vers des grands bureaux et il y aura plus une économie locale."

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Des propos qui ont choqué les autres membres du panel.

EMBAUCHER DES NON COMMUNAUTAIRES 

Pour le député Roy Reding (ADR), il y a une mesure pour attirer plus de personnel qualifié, qui devrait être mise en place à court terme: "On peut lever l'interdiction d'embaucher des non communautaires. Parce qu'il y a suffisamment de personnes qualifiées qui veulent travailler, mais qui actuellement doivent passer par un processus incroyable au ministère des Affaires étrangères. Pour les grandes banques ça va encore, parce que elles, elles réussissent à faire passer leur demande. Mais les autres entreprises non", relève encore Michael Agostini.

Outre le manque de personnel, ce qui inquiète également les entreprises, ce sont les coûts élevés de l'énergie, mais aussi les démarches administratives de plus en plus nombreuses, qui coûteraient du temps et de l'argent.

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