
Se faire conduire sans chauffeur dans son quartier ou sa ville: l'idée n'est pas nouvelle. Des navettes autonomes ont déjà été expérimentées au Luxembourg il y a cinq ans à Contern et dans le quartier de Pfaffenthal à Luxembourg-ville. Un nouveau projet pilote vient d'être lancé: les CFL, la compagnie des chemins de fer luxembourgeois, testent à Belval la navette "Ohmio". À l'automne, elle assurera des allers-retours entre la gare et différentes destinations à Belval. D'ici-là, cette navette doit encore apprendre à bien connaître son nouveau terrain.
Pour commencer, le minibus Ohmio est seulement autorisé à rouler sur un très court parcours test. Et ce tronçon représente déjà un sacré défi à cause des anciens hangars de l'Arbed et des nombreuses constructions en acier, qui se dressent le long des rues étroites. Ils perturbent en effet la liaison GPS. Mais pour savoir où il se trouve et où il doit se rendre, l'Ohmio a besoin d'un signal net. Robert Sykora, directeur d'Ohmio Europe, explique que sur la base de l'expérience à Belval, un nouveau système est développé, qui ne s'orientera pas via GPS mais avec des capteurs laser LiDAR.
C'est précisément pourquoi il existe des tests comme celui-ci: pour découvrir les problèmes dans les opérations quotidiennes, trouver des solutions et améliorer progressivement la technologie. L'Ohmio a déjà une longue expérience derrière lui. Il est développé depuis 2015 en Nouvelle-Zélande. Le Luxembourg est l'un de ses six projets pilotes européens. Les CFL l'expérimentent depuis un an, tout d'abord sur le site multimodal de Bettembourg. C'était un terrain relativement facile par rapport à Belval.
À Belval en revanche, il y a des feux tricolores, des priorités à droite, des camionnettes mal garées et des piétons distraits. Tout cela, l'Ohmio doit commencer par l'apprendre, mais c'est un bon élève. Carlo Hansen, responsable du service des bus aux CFL, raconte qu'au début l'Ohmio avait encore des problèmes sous la pluie ou s'arrêtait trop brutalement. Des mises à jour du logiciel ont amélioré la navette autonome sur ces points. Les CFL ont justement opté pour Belval à cause de la difficulté du terrain et de la vitesse globalement limitée à 30 km/h. Avec sa vitesse limitée à 25 km/h, l'Ohmio s'y sent relativement à l'aise.
Le Code de la route n'autorise pas encore la circulation 100% autonome d'un véhicule. Un opérateur ayant son permis de conduire doit être en permanence à bord, afin de pouvoir intervenir en cas d'urgence. Techniquement aussi, il faudra certainement encore quelques années avant que de telles navettes puissent réellement se déplacer de manière 100 % autonome et sûre, selon Robert Sykora. Avec ce projet, les CFL veulent se forger de premières expériences dans ce domaine. A l'avenir, des navettes autonomes complèteront l'offre de bus et de trains. Carlo Hansen souligne que les CFL veulent proposer à leurs usagers une solution de mobilité entre leur bureau ou leur domicile et la gare la plus proche.
Si tout fonctionne, la navette sera mise en service à Belval à l'automne.
Le reportage de RTL en luxembourgeois: