
"Alors que les bouchons de champagne sautent actuellement dans les directions des banquesluxembourgeoises, les clients continuent d'être laissés sur le carreau", lance Nico Hoffmann, président de l'Union luxembourgeoise des consommateurs (ULC). L'association de défense des consommateurs dénonce depuis des années la réduction systématiquement du nombre d'agences au Luxembourg et qualifie cette fois d'"insolents" les frais pour les services bancaires de base (retraits et virements) pratiqués par les banques luxembourgeoises.
Le président de l'ULC n'y va pas par quatre chemins est d'avis qu'"un peu moins de cupidité et un peu plus d'humanité ne feraient définitivement pas de mal aux établissements financiers". Dans le collimateur, la Spuerkeess, dont l'État luxembourgeois est l'unique actionnaire. Elle "pourrait par exemple montrer l'exemple" en baissant ses taux d'intérêt et tarifs. Cela "aurait certainement un effet de signal pour les autres banques".
Vu les bénéfices historiques de 6,6 milliards d'euros réalisés par les banques luxembourgeoises en 2023, "nous demandons instamment aux institutions financières de prendre des mesures pour répondre aux besoins de leurs clients, à commencer par une politique de taux et de tarifs plus favorable aux consommateurs".
Si les banques luxembourgeoises ont enregistré un bénéfice net historique l'an passé, c'est "principalement en raison d'une forte croissance de la marge d'intérêt, c'est-à-dire la différence entre les intérêts perçus et les intérêts payés", explique l'ULC dans un communiqué daté de ce mercredi.
C'est plutôt une bonne nouvelle pour la place financière, pilier de l'économie luxembourgeoise qui emploie 26.000 salariés, mais en fin de compte "la plupart des clients en profitent relativement peu". Pour l'ULC, les clients des banques luxembourgeoises "souffrent plutôt de la charge d'intérêts élevée, mais aussi de la politique tarifaire exagérée des banques".
L'ULC revendique des frais clairs et transparents, des conditions de crédit plus équitables, un meilleur service à la clientèle et une intervention des politiques et des régulateurs pour "exercer enfin une pression sur les banques afin de s'assurer qu'elles répondent aux besoins des clients".