AnalyseLes bénéficiaires d’une pension plus élevée vivent en moyenne plus longtemps

Marlène Clement
adapté pour RTL Infos
Selon une nouvelle analyse de la Chambre des députés, les personnes bénéficiant de pensions plus élevées passent en moyenne cinq années de plus à la retraite.
© Canva / Anastasia Shuraeva

Les bénéficiaires de pensions plus élevées passent en moyenne cinq années de plus à la retraite que les bénéficiaires des pensions les plus faibles. C’est notamment à cette conclusion qu’aboutit une nouvelle analyse de la Cellule scientifique de la Chambre des députés, réalisée à la demande de la sensibilité politique déi Lénk.

Dans cette note scientifique consacrée à l’espérance de vie à l’âge de la retraite, publiée vendredi dernier, les chercheurs se sont appuyés sur des données couvrant la période de 2000 à 2024.

L’espérance de vie des retraités au Grand-Duché a nettement augmenté au cours des dernières décennies. Le Luxembourg figure ainsi parmi les pays affichant l’espérance de vie la plus élevée en Europe.

L’étude met toutefois en évidence d’importantes différences d’espérance de vie selon le parcours professionnel. Les personnes bénéficiant d’une pension plus élevée vivent ainsi en moyenne plus longtemps, précisément six années de plus que celles percevant les pensions les plus faibles.

Cette situation a naturellement un impact direct sur la durée pendant laquelle les personnes peuvent profiter de leur retraite. Chez les hommes de cette population, "les bénéficiaires des pensions les plus élevées passent en moyenne cinq années supplémentaires à la retraite par rapport à ceux du décile de pension le plus bas, résultat conjoint d’une espérance de vie plus longue et d’un départ à la retraite légèrement plus tardif", est-il indiqué sur le site de la Chambre des députés.

L’étude met également en évidence que les travailleurs frontaliers percevant une pension au Grand-Duché en profitent en moyenne plus longtemps que les résidents luxembourgeois, à savoir environ un an et demi de plus. Chez les retraités portugais, l’écart est encore plus marqué : il atteint trois années supplémentaires pour les hommes et un peu plus de sept années pour les femmes.

Dans sa publication, la Cellule scientifique de la Chambre souligne qu’il s’agit de corrélations statistiques et non d’un lien de cause à effet. Néanmoins, ces chiffres pourraient s’avérer intéressants dans le cadre des prochaines discussions sur le système de retraite luxembourgeois.

Des arguments pour nourrir le débat sur le système de retraite

Le parti déi Lénk estime que cette étude conforte sa position. Selon lui, l’argument avancé par la ministre de la Santé et de la Sécurité sociale, Martine Deprez, pour justifier un allongement de huit mois de la durée de cotisation, n’est plus valable à la lumière des résultats de l’étude.

En effet, sur la base d’une note de l’IGSS, l'Inspection générale de la sécurité sociale, la ministre avait affirmé qu’il n’était pas possible d’établir un lien entre le revenu ou le secteur dans lequel une personne a travaillé en dernier lieu et la probabilité de décès. Pour déi Lénk, l’allongement de la durée de cotisation est "profondément injuste", car les personnes exerçant des métiers plus pénibles percevraient des pensions moins élevées et auraient une espérance de vie plus courte.

Pour faire face au vieillissement de la population, déi Lénk estime qu’il ne faut pas réduire les droits acquis. Il faut avant tout augmenter les recettes, explique le député Marc Baum.

Ces recettes supplémentaires seraient à trouver du côté de ceux qui bénéficient aussi plus longtemps du système, à savoir les personnes disposant des revenus les plus élevés. Il serait donc juste, selon lui, qu’elles cotisent proportionnellement davantage par rapport à ce qu’elles percevront ensuite.

Par ailleurs, il faudrait relever la pension minimale au-dessus du seuil de risque de pauvreté.

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