
Après une déclaration bousculée par le Covid-19 l'an passé, le discours sur l'état de la Nation de Xavier Bettel ce mardi à 14h30 devant la Chambre des députés, arrive également six mois plus tard que d'ordinaire. Traditionnellement c'est au mois d'avril que le Premier ministre prononce devant les parlementaires, ce qui est "le" discours le plus important de l'annéepolitique pour le chef du gouvernement.
Le discours sur l'état de la Nation a une double vocation: donner une photo du pays avec du recul et dire quel est le cap à suivre. Cette présentation qui dure en général un peu moins d'une heure, permet à la fois au Premier ministre de dresser un état des lieux de la situation économique, sociale et financière du Luxembourg et de poser les grandes orientations de la politique gouvernementale pour l'année à venir.
C'est aussi le moment choisi pour le Premier ministre pour faire de nouvelles annonces et redonner un coup de booster au grand projet pour lequel se sont engagés les partenaires de la coalition: l'accord de coalition. Le n°1 de la coalition DP-LSAP-déi Gréng sait surtout qu'il dispose d'une belle tribune pour faire savoir tout le travail et les progrès déjà réalisés par son gouvernement.
Même si la photographie du pays et de sa gestion a été "brouillée" par un an et demi de crise sanitaire liée au Covid, pour son 8e discours dans la salle plénière retrouvée au "Krautmaart", Xavier Bettel devrait mettre l'accent sur la sortie de crise. D'autant que les feux sont au vert pour que le Luxembourg retrouve rapidement la croissance d'avant crise, avait déjà annoncé en juin Pierre Gramegna. Le ministre des Finances déposera d'ailleurs le budget de 2022 mercredi matin à la Chambre.
Mais Gramegna comme Bettel le savent, il reste une dernière haie à franchir avant de pouvoir reparler de normalité: convaincre un plus grand nombre de résidents à l'utilité de la vaccination anti-Covid pour atteindre la seuil de l'immunité collective situé à 80-85% de vaccinés. Près de 74% de résidents disposent d'un shéma vaccinal complet pour l'heure.
En attendant, la solution du CovidCheck généralisé est sur la table. Mais il reste à rassurer les patrons, les syndicats et en particulier le secteur Horeca. Bien d'autres idées circulent comme le fameux impôt Covid que Dan Kersch verrait bien imposer aux "gagnants" de la crise. Le Vice-Premier ministre et ministre du Travail n'en démord pas. Xavier Bettel en parlera-t-il ?
Les oreilles des parlementaires, des salariés, des employeurs, des fonctionnaires et de toute la société civile seront attentives à ce discours pour savoir ce qu'il contiendra de neuf et qui, surtout, répondra à leurs préoccupations concrètes. En tout premier lieu, celles exprimées régulièrement via les sondages.
L'accès au logement abordable reste la principale préoccupation des électeurs. C'est le thème n°1 dont la "politique doit directement prendre à bras le corps" avait révélé notre sondage en juin.
Suivent les problèmes liés à l'accroissement du trafic, les perspectives d'avenir pour les enfants, le changement climatique et évidemment l'augmentation des prix dont celle des carburants est la pointe la plus visible du pouvoir d'achat qui se dégrade.
Autre sujet sur lequel le Premier ministre est attendu: le télétravail après Covid. En particulier du côté des frontaliers français représentant un quart de la force de travail sur le marché de l'emploi luxembourgeois. Alors que leurs collègues belges ont été gâtés, ils se demandent s'ils pourront bientôt télétravailler un jour par semaine.
Si en juin l'enquête TNS Ilres indiquaient que 69% des résidents jugeaient que le gouvernement avait fait du bon boulot durant la crise, Xavier Bettel sait que le "marathon" n'est pas terminé mais que la ligne d'arrivée se rapproche à grand pas. Il lui reste pile deux ans avant les prochaines élections législatives.