EducationLe SNE critique la généralisation de l'alphabétisation en français via des classes mixtes

Tim Morizet
Le Syndicat national des enseignants (SNE) se montre critique vis-à-vis du projet ALPHA, le projet d'alphabétisation en français dans l'enseignement primaire.
© RTL

C'est le "projet phare" du ministre de l'Education, Claude Meisch, pour cette législature. Le projet "Alpha", qui vise à intégrer l'alphabétisation en français au système scolaire luxembourgeois, a été lancé il y a trois ans. Il est actuellement testé dans quatre écoles à Differdange, Dudelange, Schifflange et Larochette. L'objectif est de permettre aux enfants d'être alphabétisés en allemand ou en français et de faciliter ainsi l'inclusion.

L'alphabétisation en français doit être étendue à toutes les écoles à partir de 2026. Mais pour le Syndicat national des enseignants, trop de questions restent en suspens. Le SNE craint le chaos et demande une mise en oeuvre par étapes. Son président, Patrick Remakel:

"Le fait que le ministère veuille créer des classes mixtes avec des élèves qui seront alphabétisés en allemand et en français, entraînera de nombreux problèmes en termes d'emplois du temps et d'organisation scolaire. C'est pourquoi nous disons ici très clairement: écartons-nous de là et nous demandons de faire des classes qui seront entièrement alphabétisées en allemand ou en français.

Il faut aussi laisser aux communes le soin de décider elles-mêmes quand elles offriront une alphabétisation plus étendue, afin de s'assurer qu'elles soient prêtes, explique le président du SNE:

"Si vous avez une école où vous n'avez qu'une seule classe de 16 enfants pour une tranche d'âge donnée et qu'ils doivent être alphabétisés en français et en allemand, il faudra les séparer. Pour les cours d'allemand, de français et de mathématiques. Nous aurons alors besoin de plus de salles de classe et dans beaucoup d'écoles, nous n'avons déjà pas suffisamment de salles pour travailler maintenant."

Il faut ajouter à cela le problème de personnel. Aujourd'hui, l'éducation fonctionne souvent déjà en "plan d'urgence", selon le syndicat. Si des enseignants sont en arrêt maladie, ils sont difficilement remplacés. "La pénurie d'enseignants, la pénurie de remplaçants, elle est si grande", selon Patrick Remakel. "Nous avons encore toutes les autres problématiques. Des enfants à besoins spécifiques qui ne sont pas assez encadrés. Avec lesquels les enseignants sont à bout de force, parce que nous ne trouvons pas de solutions convenables."

Il faut achever les chantiers existants avant d'en lancer de nouveaux, selon le syndicat.

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