
Après de nombreuses discussions sur son organisation, le nouveau Service national est opérationnel depuis le 17 novembre. Il fonctionne en collaboration avec le Laboratoire national de Santé (LNS) et l'Hôpital universitaire de Louvain.
La demande est importante, selon la doctoresse en charge du Service, An Van Nieuwenhuyse, qui travaille en fait pour le LNS. Début mai, 100 demandes avaient été enregistrées et 84 patients avaient été reçus en consultation, dont 40% d'hommes, 60% de femmes. La moyenne d'âge des patients adultes est de 50 ans. Il faut noter que 10% des patients sont des enfants.
"La majorité des patients ont déjà vu plusieurs médecins, même des spécialistes. Des médicaments leur ont été prescrits. Mais les problèmes subsistent. Nous voyons beaucoup de gens avec des problèmes respiratoires, des allergies et des problèmes neurologiques", explique le Professeur Van Niuewenhuyse.
Pour obtenir un rendez-vous, une ordonnance de son médecin traitant ou d'un spécialiste est nécessaire. La première consultation dure généralement deux heures. L'anamnèse, c'est-à-dire le récit des antécédents médicaux, est essentielle. Ecouter le patient, lui poser de nombreuses questions afin de pouvoir éventuellement faire le lien avec une substance dans son environnement.
Afin de rechercher les causes possibles, l'ambulance environnementale du LNS se rend au domicile du patient, où des échantillons de poussière et d'air sont prélevés avec divers appareils.
C'est ainsi que divers paramètres tels que les particules fines, le CO et le CO2, les moisissures ou les bactéries peuvent être mesurés, précise Jean-Raymond Guillard. Cet infirmier du LNS collecte souvent des échantillons chez des patients, qui sont ensuite analysés au LNS. Grâce à la poussière, il est par exemple possible de détecter si un ménage est particulièrement exposé aux biocides, aux retardateurs de flamme, aux plastifiants ou à certains métaux lourds.
Sur la base de ces résultats, de l'anamnèse du patient et des analyses de sang et d'urine, il est possible de déterminer si une ou plusieurs substances présentes dans son environnement sont à l'origine des symptômes. Ensuite, il s'agit de trouver la source, de retourner chez le patient, éventuellement aussi sur son lieu de travail, et de prélever des échantillons spécifiques des meubles, de la moquette ou du matelas.
Parfois, il peut même s'agir de la vaisselle, dans laquelle le patient mange. Comme le montre l'exemple d'un patient chez qui un empoisonnement au plomb a été diagnostiqué. Les assiettes qu'il avait ramenées de Chine étaient dans le viseur du Service de médecine environnementale. "Nous avons réalisé un certain nombre d'analyses. Tout d'abord, nous avons simulé ce qu'il se passe si on utilise l'assiette. Il s'est avéré que le plomb est libéré lorsque l'assiette entre en contact avec une solution", explique le docteur Radu Duca, responsable du Service concerné au LNS. Les gens n'ont toutefois pas à s'inquiéter pour leur vaisselle en général. L'Union européenne interdit l'utilisation de plomb dans les services de table.
"Nous informons le médecin et il peut alors commencer une thérapie par chélation, si cela s'avère nécessaire. Mais nous ne faisons pas de thérapie ici."
A moyen terme, des spécialistes pourraient venir renforcer le Service national de médecine environnementale. Des pneumologues ou des dermatologues, par exemple, qui assureraient alors le suivi du patient après le diagnostic. La médecine environnementale au CHEM en est encore à ses balbutiements.Le reportage de RTL en luxembourgeois: