Alphabétisation en français Le projet pilote "Alpha" porte ses fruits

Annick Goerens
Un premier bilan intermédiaire du projet pilote "Alpha - Zesumme Wuessen" pour une alphabétisation en français ou en allemand, s'avère très positif.
© Luc Rollmann / RTL

Le projet a été lancé en mars 2022 dans quatre écoles fondamentales. Comment garantir aux enfants le meilleur départ possible dans leur vie scolaire? Le projet pilote “Alpha” doit fournir la réponse à cette question, explique Luc Weis, directeur du Script, le Service de coordination de la recherche et de l’innovation pédagogiques et technologiques.

“Un des déclics est que nous avons constaté que les enfants ont beaucoup de difficultés avec les langues et c’est pourquoi nous avons envisagé de donner aux enfants au début de leur parcours scolaire la possibilité d’être alphabétisé soit en allemand soit en français. Cela signifie que pendant la période préscolaire, c’est-à-dire au cycle 1, comme nous l’appelons maintenant, les parents ont la possibilité d’envisager ou d’échanger avec les enseignants afin de déterminer où ils voient le plus d’opportunités, pour que leurs enfants poursuivent leur scolarité par la suite.”

Au sein des classes, les élèves concernés suivent des cours communs dans la plupart des branches, à l’exception des langues et des mathématiques, pour lesquelles ils sont séparés. Après deux ans, le projet porte ses fruits, souligne Sonja Ugen, directrice du Lucet, le Luxembourg Centre for Educational Testing, de l’Université du Luxembourg.

“Globalement, on constate que tous les élèves du cycle 2.1 [c’est-à-dire en 1ère année scolaire, ndlr] sont toujours très motivés pour aller à l’école et aiment apprendre. Ce qui ressort cependant particulièrement, c’est que les enfants du groupe alphabétisé en français disent aimer beaucoup lire. Lire dans leur langue d’alphabétisation, le français.”

Les enfants alphabétisés en français ont également obtenu de meilleurs résultats que les élèves du groupe témoin. C’est surtout utile pour les enfants d’origine francophone ou lusophone. L’école Nelly Stein à Schifflange est l’une des quatre où le projet pilote est déjà en cours et ce dernier présente un certain nombre d’avantages, indique son directeur, Philippe Kloos.

“Il y en a certainement plus. L’un est que nous avons maintenant les premiers élèves qui ont passé la 1e et la 2e année, qui ont donc passé le cycle 2. Et alors il y a toujours la question des allongements, de ce que nous appelions avant les redoublements. Et nous avons pu réduire ce nombre dans la cohorte que nous avons fait passer le cycle 2.”

Le décrochage scolaire diminue également, car la barrière de la langue est supprimée et les enfants peuvent s’identifier davantage aux matières, car ils les comprennent mieux. Une “pierre d’achoppement” de moins au début du parcours scolaire des enfants, approuve Philippe Kloos.

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