
Le gouvernement actuel est bloqué parce qu'il représente des opinions différentes et que ses membres ne peuvent pas s'entendre: tel est l'avis du CSV. Le premier parti d'opposition a donné lundi devant la presse un premier aperçu de son programme pour les élections législatives de cet automne. Dix priorités y ont été définies.
Comme l'avait déjà révélé lundi matin sur RTL Luc Frieden, tête de liste CSV aux législatives, son parti veut des baisses d'impôt pour tout le monde. Elles devraient être financées par la croissance de l'activité économique:"Je constate aussi qu'il y a des marges auprès de l'Etat, si on ne paye pas tout, il faut fixer des priorités. La construction de logements, la santé et les énergies renouvelables sont nos trois dépenses prioritaires. On ne peut pas calculer précisément ce que cela coûtera, mais cela coûtera certainement plusieurs centaines de millions, qu'il faudra donc compenser par plus de croissance."
Il faudrait aussi que la croissance soit "inclusive": "Que la participation aux bénéfices, qui existe aujourd'hui de manière très limitée dans la prime participative, soit étendue, que plus de salariés dans les entreprises puissent profiter des bénéfices de la société, de l'entreprise où ils travaillent et que ce soit aussi fiscalement attractif."
Interrogé, Luc Frieden cite parmi les secteurs économiques dans lesquels il faudrait attirer des entreprises, la santé la logistique et les start-up. Mais la priorité devrait pouvoir être donnée à l'expansion de la place financière, de l'industrie et de l'artisanat: "De nombreux secteurs sont possibles, nous ne pouvons pas seulement vivre avec les secteurs que nous avons pour le moment, mais nous devons d'abord les renforcer, car ils ne peuvent pas être remplacés facilement, notamment en termes de poids dans le PIB." Pour ce faire, il faudrait diminuer les charges administratives et réduire l'impôt sur les sociétés.
Autre proposition du CSV: les parents devraient avoir le droit de travailler quatre heures de moins par semaine aussi longtemps que leurs enfants sont à l'école fondamentale. Il s'agit d'une idée de la section jeunes du CSV, qui a fait son chemin dans le programme électoral, explique le président du CSJ, Alex Donnersbach: "Dans un souci de justice sociale, nous prévoyons aussi quelque chose pour les bas revenus, afin qu'ils ne soient pas complètement désavantagés par rapport à ceux qui gagnent plus. Mais l'idée c'est aussi qu'il y ait un choix qu'on puisse faire, qu'on ait aussi le droit de faire, et alors on serait à 36 heures, avec lesquelles on peut encore faire beaucoup au boulot, mais où on aura aussi un peu plus de temps à la maison pour s'occuper des enfants."
Le CSV veut également plus de soins médicaux hors des hôpitaux, plus d'aide aux devoirs, plus de contournements et plus d'énergies renouvelables.
En matière de sécurité, le parti chrétien-social propose plus de vidéosurveillance, d'embaucher 700 nouveaux policiers sur les cinq ans qui viennent, mais aussi que du personnel civil effectue les tâches administratives.