
Mais c'est aussi le passage de tous les risques, car, sans autorisation de séjour et sans perspectives, les personnes en transit peuvent encore se faire arrêter. Voici le récit d'une famille aux doubles origines: luxembourgeoises et palestiniennes.
Heba Nasser et son mari ont payé 20.000 dollars pour transférer quatre membres de leur famille en Égypte où ils avaient réussi à obtenir un visa qui n'est désormais plus valable: "ils sont restés plus longtemps que les 40 jours couverts par leur visa qui est arrivé à terme. S'ils quittent l'Égypte, ils devront payer une amende car ils n'ont pas respecté la loi".
La maman de Heba Nasser souffre d'une maladie cardiaque et ne peut obtenir des soins que dans certains hôpitaux privés. Le couple avait demandé des regroupements familiaux alors que le voyage de leurs parents et une sœur à Gaza avait été refusés. Un recours gracieux à cette première décision a également été rejeté, car le couple n'aurait pas pu démontrer la dépendance financière ou sanitaire des autres membres de la famille, selon une lettre envoyée par la direction de l'immigration.
Une situation déjà très compliquée avant la guerre, comme l'explique Heba Nasser, qui parle elle-même d'un génocide: "il fallait se rendre dans un bureau des finances dans un pays voisin ou en Turquie. Nous envoyions donc de l'argent depuis le Luxembourg vers une entreprise turque qui avait un bureau à Gaza. Une personne devait s'identifier afin d'y recevoir l'argent, c'est très compliqué, et davantage depuis le génocide, il n'y a plus aucune trace de papier".
La famille tente désormais de trouver d'autres solutions, alors que Heba Nasser souhaite que ses parents soient à ses côtés en octobre lorsque son premier enfant viendra au monde: "c'est le premier petit-fils de mes beaux-parents, et mon beau-père voulait venir ici pour célébrer cet événement mais cela ne sera pas possible".
Alors qu'elle avait promis ne jamais abandonner, Heba Nasser est dorénavant convaincue que le gouvernement luxembourgeois ne souhaite pas aider sa famille.
La semaine dernière, nous avons tenté d'obtenir des informations auprès du ministère de l'Intérieur concernant les citoyens luxembourgeois qui tentent de rapatrier les membres de leurs familles depuis Gaza, mais en vain. Aucune réponse ne nous a été fournie, sauf une explication: "en raison des congés, nous ne pouvons pas garantir une réponse avant la fin de la semaine voir le début de la semaine prochaine".
Le reportage de RTL Télé: