Protection du patrimoineLe ministère de la Culture stoppe le chantier de la Distribution d'eau des Ardennes

RTL Infos
L'arrêt du chantier du syndicat intercommunal DEA autour d'une source à Ehner, pose question. La loi qui doit protéger les sites archéologiques de la destruction, est-elle correctement appliquée?
Des vestiges d'une ancienne voie romaine?
Des vestiges d'une ancienne voie romaine?
© Guy Wolff

Ce qui s'est produit à Ehner, dans la commune de Saeul, prouve le contraire. Le paysage habituellement si harmonieux est actuellement perturbé par une intrusion majeure dans la nature. Le syndicat intercommunal DEA, pour Distribution d'eau des Ardennes, y travaille ou plutôt y travaillait près de la source Kaschbur, jusqu'à ce que le nouveau ministre de la Culture, Eric Thill, y mette son veto le 23 janvier.

Les travaux avaient lieu exactement là où des vestiges sont déjà signalés sur des plans de 1883. Pour pouvoir accéder aux sites archéologiques, il faut le feu vert des spécialistes de l'Institut national de recherches archéologiques du ministère de la Culture, l'INRA, selon la nouvelle loi sur la protection des monuments. Cela signifie et c'est confirmé dans ce cas dans le courrier du ministère de la Culture: avant le début des travaux, des opérations de diagnostic archéologique doivent être réalisées, tout au long du tracé sur lequel la DEA veut intervenir.

Ce n'est cependant pas ce qu'il s'est passé, selon des informations de RTL. La demande de la DEA est datée du 11 janvier, soit quelques mois après le début des travaux. L'INRA indique que le chantier est connu, mais il n'y a pas encore eu à ce jour de prise de position officielle de sa part.

Dans le courrier du ministre de la Culture, que le bourgmestre de la commune a lu à notre collègue de RTL, il est noté qu'il existe une "potentialité archéologique" et que par conséquent, des sondages doivent être réalisés.

Sur des cartes historiques de la fin du XIXe siècle, des vestiges romains sont déjà signalés à proximité de la source Kaschbur.

Des particuliers ont découvert des tessons datant d'avant l'époque romaine, des restes d'un four et un chemin en pavés. Les tessons et un rapport sont parvenus à l'Institut national de recherches archéologiques. Aujourd'hui, plus rien n'est visible du potentiel four à chaux. Les archéologues se sont rendus sur place et ont trouvé d'autres tessons, remontant probablement à l'âge du bronze ou à l'époque celtique.

Le chantier a débuté à l'automne 2023. Les vestiges cités plus haut et les restes du four ont été retrouvés fin décembre 2023. La DEA a seulement déposé une demande pour effectuer là des travaux de terrassement le 11 janvier 2024. Le 23 janvier, le ministre de la Culture a émis son veto. Entretemps beaucoup avait déjà été détruit.

Le principe selon lequel "nul n’est censé ignorer la loi" s'applique-t-il à tous quand il s'agit de la protection du patrimoine?

Le reportage de RTL en luxembourgeois:

Gouf zu Iener den Denkmalschutz violéiert
De Stopp vun engem Chantier zu Iener wërft Froen op. Gëtt d'Gesetz, dat archeologesch Site soll virun enger Zerstéierung schützen, richteg applizéiert?

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