Blocage des sanctions contre la RussieLe Luxembourg n'est pas à l’origine de la demande de modifier la liste

Michèle Sinner
adapté pour RTL Infos
Les 27 États membres de l'Union européenne doivent adopter la liste des sanctions contre la Russie à l’unanimité.
Mikhaïl Fridman a réclamé 16 milliards de dollars de dommages et intérêts au Luxembourg, après le gel de ses avoirs dans le pays.
Mikhaïl Fridman a réclamé 16 milliards de dollars de dommages et intérêts au Luxembourg, après le gel de ses avoirs dans le pays.
© PAVEL GOLOVKIN/AFP (photo d'archive)

Le Luxembourg n'est pas à l’origine de la demande visant à modifier la liste des sanctions contre la Russie. Le Grand-Duché aurait très bien pu accepter que cette liste soit prolongée sans modification. C’est ce qu’a expliqué une source diplomatique à RTL.

À Bruxelles, les négociations se poursuivent concernant la prolongation des sanctions visant des intérêts russes en raison de la guerre d’agression contre l’Ukraine. La liste actuelle des sanctions, qui compte plus de 3.000 personnes et entités sanctionnées en raison de leurs liens avec le Kremlin, arrive à échéance dans la nuit de mardi à mercredi, à minuit.

Les 27 États membres doivent adopter la liste des sanctions à l’unanimité. Les négociations sont bloquées depuis plusieurs jours, parce que la France, la Slovaquie et le Luxembourg ont demandé le retrait d’Alisher Usmanov et de Mikhail Fridman de la liste des sanctions, selon plusieurs médias internationaux. En guise de compromis, il avait été proposé de prolonger pour 36 mois la liste sans les deux hommes d’affaires, au lieu de la prolongation habituelle de six à douze mois. La Lettonie s’y oppose toutefois fermement. Selon la ministre lettone des Affaires étrangères sur X, les mesures contre la Russie devraient être renforcées et non assouplies

Ce serait la demande de la France de retirer Alisher Usmanov de la liste qui n’aurait laissé au Luxembourg d’autre choix que de demander également que Mikhaïl Fridman en soit retiré, selon la source de RTL.

Interrogé à ce sujet, le ministère d’État ne souhaite pas s’exprimer sur les négociations ni sur la position du Luxembourg. Celle-ci peut toutefois se résumer ainsi : soit aucun des deux milliardaires n’est retiré de la liste, soit ils le sont tous les deux.

Mikhaïl Fridman a réclamé 16 milliards de dollars de dommages et intérêts au Luxembourg, après le gel de ses avoirs dans le pays. L’affaire est actuellement examinée par un tribunal arbitral à Hong Kong.

Mikhaïl Fridman et son associé Petr Aven, qui possède, outre la nationalité russe, la nationalité lettone, avaient été inscrits sur la liste des sanctions dès février 2022. Ils avaient contesté cette décision devant la Cour de justice de l’Union européenne au Kirchberg et obtenu gain de cause en avril 2024. La Cour avait estimé que le Conseil des États membres de l’UE n’avait pas suffisamment étayé les raisons justifiant leur inscription sur la liste des sanctions.

La même Cour avait décidé, un an auparavant, qu’Alisher Usmanov figurait à juste titre sur cette liste.

Back to Top
CIM LOGO