Superprofits des géants pétroliersLe Luxembourg n'en voit pas la couleur, des solutions "au niveau européen"?

Gaël Arellano
L'envolée du prix des carburants a entraîné des bénéfices records chez les géants pétroliers. Des bénéfices qui ne profitent pas forcément au Luxembourg. Explications.
© AFP

Au mois de juillet, le géant pétrolier français TotalEnergies annonçait un bénéfice trimestriel "plus que doublé" alors que Shell voyait ses chiffres quintupler. 5,7 milliards de dollars pour le premier, 18 milliards pour le second: des profits faramineux qui ont beaucoup fait réagir alors que le pouvoir d'achat des Européens s'amenuise.

Dans ce contexte, les ministres des Finances et de l'Energie luxembourgeois ont affirmé ce mercredi par l'intermédiaire d'une réponse parlementaire que ces géants pétroliers n'étaient pas "nécessairement établis au Luxembourg". Une mauvaise nouvelle pour ceux qui, comme les députés LSAP, espéraient voir ces bénéfices imposés au Grand-Duché.

"Les succursales des grands groupes pétroliers qui sont actives au Luxembourg le sont seulement dans la distribution de produits pétroliers (...) aucune activité d'exploitation de pétrole brut n'a eu lieu au Luxembourg", précisent les deux ministres. Et le Grand-Duché ne dispose pas d'infrastructures pétrolières de taille significative comme des raffineries, des ports de haute mer ou encore des dépôts pétroliers internationaux.

Les chiffres communiqués par le gouvernement luxembourgeois font d'ailleurs état d'une baisse des impôts directs payés par les cinq grands acteurs du commerce de carburants actifs au Grand-Duché. En effet, alors qu'en 2017, le pays avait perçu près de 42 millions d'euros, ce chiffre a fortement chuté depuis: 31 millions en 2019, 28 millions en 2020, 26 millions en 2021. Il est important de noter que pour une année budgétaire donnée, plusieurs années d'imposition peuvent être imposées en même temps.

"Comme toute autre société active sur le marché luxembourgeois, ces succursales ont été exposées aux conséquences de la crise ukrainienne et leur situation ne peut pas être comparée à celles des sociétés actives (...) dans l'exploitation du pétrole brut" soulignent Yuricko Backes et Claude Turmes.

Il faut également souligner que les chiffres relatifs à l'année 2022 ne sont pas encore disponibles. Cependant, on sait d'ores et déjà que les bénéfices annoncés par les géants pétroliers ne se répercuteront pas sur les impôts perçus par le Luxembourg cette année. Pour que le Luxembourg puisse en voir la couleur, il faudrait des "solutions au niveau européen". Une éventualité à laquelle le pays ne s'opposerait pas d'après nos ministres.

L'IDÉE D'UNE TAXE REJETÉE EN FRANCE ❌

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