
Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne se retrouvent ce lundi à Bruxelles, où le Luxembourg est représenté par Xavier Bettel. Au menu des discussions : la guerre en Ukraine et la situation toujours explosive au Proche-Orient.
Dès son arrivée, le chef de la diplomatie luxembourgeoise a dénoncé une nouvelle fois les violences commises par des colons israéliens contre des Palestiniens. "On ne peut pas fermer les yeux ici et s’indigner ailleurs", a-t-il lancé, appelant l’UE à agir davantage et à utiliser la majorité qualifiée pour envoyer un signal clair.
"Nous avons encore une fois 35 Palestiniens qui ont été blessés hier par des colons. Mais il y a toujours quelqu’un pour dire : 'Non, nous ne pouvons pas, nous ne pouvons pas.' J’espère que nous pourrons enfin, à un moment donné, envoyer un signal à la majorité qualifiée. Nous ne pouvons pas simplement fermer les yeux. Dès qu’il se passe quelque chose en Ukraine, nous crions tous, et quand quelque chose se passe en Palestine ou au Liban, nous fermons tous les yeux, ce n’est pas acceptable."
La réunion se déroule en présence du ministre ukrainien des Affaires étrangères. Bettel s’est dit satisfait que la Hongrie ne bloque plus l’aide européenne à l’Ukraine, tout en rappelant que l’adhésion de Kiev à l’UE ne doit pas être précipitée : les critères doivent être respectés.
De son côté, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a rejeté la proposition de Vladimir Poutine de nommer l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder comme médiateur entre Moscou et Kyiv, rappelant ses liens étroits avec les intérêts russes.
"Premièrement, si nous laissons la Russie choisir un négociateur en notre nom, ce ne serait pas particulièrement judicieux. Deuxièmement, Gerhard Schröder a été un important lobbyiste pour des entreprises publiques russes, il est donc clair pourquoi Poutine souhaite qu’il soit cette personne. Dans ce cas, Poutine serait assis des deux côtés de la table."
Les ministres doivent également rencontrer leurs homologues des six pays des Balkans occidentaux, que l’UE souhaite continuer à accompagner sur la voie de l’adhésion, à condition que les réformes nécessaires soient poursuivies.