
Pendant la crise, les responsables de la Croix-Rouge luxembourgeoise ont enregistré l'adhésion de 1.400 nouveaux donneurs pendant la crise. La situation a bien changé depuis. Depuis le mois de février, les besoins en poches de sang sont entre 11 et 29 pourcents au dessus de la moyenne. Les stocks sont assez faibles, d'où les appels réguliers de la Croix-Rouge aux donneurs.
En temps normal, entre 80 et 100 dons par jour suffisent à couvrir les besoins du Luxembourg. Depuis quelques semaines, le pays a besoin de 120 voire 130 dons par jour, suite à une demande grandissante de la part des hôpitaux qui ont repris toutes les opérations annulées pendant les différents confinements et la reprise se fait sentir.
Tout citoyen âgé de 18 à 60 ans peut donner son sang au Luxembourg. Plus de 13.000 femmes et hommes sont inscrits à la Croix-Rouge, mais les critères sont très stricts afin de garantir une qualité irréprochable du sang à tout moment.
Anne Schumacher, directrice médicale des dons de sang, explique qu'"une prise de médicaments par le donneur ou une femme qui allaite ne peut pas donner son sang, c'est une manière de la protéger elle-même. Les personnes qui reçoivent ces dons doivent également être protégées, on évite toutes les situations à risque, comme la présence d'un éventuel agent infextieux".
Les hommes homosexuels n'ont pas le droit de donner leur sang depuis des décennies. Une pratique discriminatoire qui a partiellement changé depuis le 1er janvier dernier.
"Nous ne posons plus que certaines questions afin de détecter un comportement à risque du donneur", explique Anne Schumacher. "Une seule question précise est posée qu'il s'agisse d'un homme ou d'une femme afin de savoir si la personne a eu au moins un rapport sexuel avec un homme ayant eu une relation sexuelle avec un autre homme lors des 12 derniers mois. Si la réponse est non, alors la personne peut donner son sang, si par contre la réponse est oui, seul un don de plasma pourra être réalisé".
Le plasma est recherché dans le monde entier car il est également utilisé dans la production de médicaments. Dans ce cas, il est mis en quarantaine pendant une période de quatre mois. Si après cette période, un test supplémentaire du donneur est à nouveau négatif, le plasma est mis à disposition sur le marché.
La question qu'il faut se poser, encore en 2021, concerne les règles très sévères envers les hommes homosexuels concernant leurs rapports sexuels.
"Sur base du dernier rapport du Comité de surveillance du SIDA, il est prouvé que les personnes qui contractent le VIH proviennent plus souvent de la communauté homosexuelle qu'hétérosexuelle", selon Anne Schumacher.
Pour les responsables du service des dons de sang, cette ouverture représente une étape radicale qui n'exclut plus d'office une orientation sexuelle mais bien un "comportement à risque".
Le reportage (en français et luxembourgeois) de RTL Télé Lëtzebuerg: