Plus de postes qu'avant la criseLe Luxembourg est "une machine à créer des emplois"

Thomas Toussaint
La Fondation Idea, qui faisait sa rentrée cette semaine, a sorti sa calculette post-Covid. Et confirme que le Luxembourg a un marché du travail très, très solide.
© Shutterstock / RTL

Une fois encore, le Luxembourg prouve qu'il a le cuir épais. Alors que la crise sanitaire a porté un sérieux coup à l'économie, le marché du travail a (déjà) repris du poil de la bête.

D'après les données du Statec, le nombres d'emplois salariés au Grand-Duché a dépassé en août son niveau de février. En absolu, la "machine à créer des emplois" a donc déjà compensé les pertes engendrées par le coronavirus.

La Fondation Idea constate que ces créations de postes profitent autant aux résidents qu'aux frontaliers. De par la nature de leurs secteurs d'activité (commerces, horeca...), ces derniers ont toutefois mis un peu plus de temps que les résidents (très représentés dans l'administration publique) à retrouver un niveau d'activité équivalent.

© Fondation Idea

C'est simple: malgré la destruction de 9.055 postes en mars et avril, le Grand-Duché en a depuis recréé 9.761. La dynamique est d'autant plus impressionnante que la comparaison avec les pays voisins est cruelle. Même concentrée sur le premier semestre, au plus fort de la crise, l'emploi n'a baissé que de 0,3% au Luxembourg, contre 1,1% en Belgique, 1,4% en Allemagne et 2,8% en France.

Le Luxembourg est également l'un des seuls pays européens à avoir gagné des emplois entre le 2e trimestre 2019 et le 2e trimestre 2020 (+1,4%). "Cette résistance de l'emploi confirme que le régime de chômage partiel mis en place afin de protéger les entreprises et d'aider les ménages a permis une importante rétention de main d'oeuvre en dépit du décrochage de l'activité" analyse la Fondation Idea.

LE LUXEMBOURG A BIEN RÉSISTÉ, MAIS...

Même s'il est "une machine à créer des emplois, le Luxembourg a été touché par la crise", nous glisse la Fondation Idea. Comprenez qu'il aurait pu faire mieux. Bien mieux.

Fin juin, plus de 471.700 personnes travaillaient au Luxembourg. Soit 6.560 de plus qu'un an auparavant. Mais en se référant à la tendance des dernières années, sans la crise, "le pays aurait compté 7.530 emplois supplémentaires". Plus que le nombre exact, c'est la répartition des emplois "manquants" qu'il faut retenir. D'après les calculs d'Idea, ces postes auraient principalement contribué à renforcer le commerce, les transports, l'hébergement et la restauration, les activités spécialisées ou encore les services administratifs.

Soutenir autant que possible, sauver autant que nécessaire !

En parallèle, en août, le pays comptait encore près de 1.900 chômeurs de plus qu'avant le confinement (6,4% de chômage en août contre 5,5% en février). Bien que la tendance générale soit à la baisse, le chômage de longue durée s'est renforcé: en août, l'Adem comptait une hausse de 29% des personnes inscrites depuis plus d'un an.

Pour Idea, l'urgence est désormais au soutien de l'économie. "Soutenir autant que possible, sauver autant que nécessaire !"clament depuis plusieurs mois les économistes du think tank de la Chambre de Commerce. En dépit de l'impossibilité de prédire quelles seront les mesures sanitaires prises les prochains mois, le gouvernement doit "éviter des faillites et des licenciements en cascade". Surtout, il devra éviter que la reprise ne soit divisée en deux, avec d'un côté des secteurs solides qui ont su rebondir (administration et services publics, finances et assurances, construction...) et d'autres incapables de se relever (commerces, horeca, industrie...). Cela passera notamment par l'insertion des jeunes et la lutte contre le chômage des actifs seniors, particulièrement concernés. Il s'agira également d'encourager les consommateurs à dépenser l'argent économisé durant le confinement, et dont les entreprises ont aujourd'hui bien besoin.

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