
Joëlle Welfring, ministre de l'Environnement (déi Gréng), est revenue sur l'adoption du projet de loi par les ministres de l'Environnement au sein de l'UE concernant des mesures de protection de la nature plus strictes.
Concrètement, cela devrait se traduire par la renaturation des terrains et des zones maritimes en mauvais état afin d'y relancer la biodiversité. Cinq pays ont voté contre le projet, deux se sont abstenus. Au Luxembourg, cela pourrait avoir notamment pour impact la renaturation des rivières, ce qui était déjà prévu, comme l'a confirmé Joëlle Welfring.
La ministre a également expliqué que "renforcer la protection de la nature ne veut pas dire supprimer des sols voués à l'agriculture. Ces terrains doivent permettre davantage de biodiversité". Le règlement biodiversité, qui existe déjà au Luxembourg, devrait pouvoir débloquer des subsides destinés aux agriculteurs afin de concrétiser cette évolution.
Cependant, la ministre n'est pas d'accord avec l'appel des associations des agriculteurs qui ont manifesté mardi partout en Europe pour alerter sur la sécurité alimentaire qui serait en danger.
"Au contraire, il faudrait plutôt redouter un manque d'aliments si la nature continue d'être détruite et que rien n'est entrepris pour la protéger activement", précise Joëlle Welfring. Elle ajoute que "ces dernières décennies, nous avons constaté que 75% des pollinisateurs avaient disparu. S'ils ne sont plus présents, alors nous aurons effectivement un problème de nourriture car trois quarts des cultures au Luxembourg dépendent des pollinisateurs".
Le projet de loi du Conseil européen doit encore passer devant le Parlement, mais aucune date n'a été fixée jusqu'à présent. La loi européenne devrait, si le texte est adopté, fixer un cadre légal dans toute l'Union européenne, un cadre qui existe déjà au niveau national au Luxembourg.