
"Nous sommes tout d'abord contents que [le solaire] se développe aussi bien. Il n'est cependant pas toujours nécessaire qu'il y ait un été comme celui que nous vivons pour que suffisamment d'électricité soit produite avec le soleil. Les installations photovoltaïques actuelles sont en effet plus performantes et on peut aussi parvenir à un résultat autrement, quand les jours se font plus courts," a précisé Paul Zens mardi matin sur RTL Radio. En juillet, on a atteint 40 gigatonnes sur un an, par rapport à 23,9 gigatonnes en 2021.
Après l'annonce mardi par le ministre de l'Energie, Claude Turmes, d'"une augmentation significative du prix du gaz", Paul Zens espère que des aides seront versées à ceux qui sont les plus impactés par la hausse des prix de l'énergie. À court terme pour cet hiver, les énergies renouvelables, qui ne couvrent actuellement que 11 % de la demande d'électricité, ne peuvent être un recours. En tout cas, il reste un gros potentiel pour le photovoltaïque à l'avenir.
Ces 11% constitueraient seulement un objectif intermédiaire. L'ASBL Eurosolar, qui promeut les énergies renouvelables, a proposé un scénario dans lequel ces énergies renouvelables peuvent couvrir 100% de la demande d'électricité. Il s'agirait alors d'un mélange de solaire, d'éolien, de biomasse et d'hydrogène vert.

L'adaptation aura bien sûr un coût, mais le remplacement d'un chauffage "normal" aurait également un coût. Selon une étude de l'Université de Stanford, les coûts resteraient équilibrés. Cela coûte effectivement de l'argent, mais les coûts de suivi sont moindres. Aujourd'hui, il faut acheter le fuel de chauffage et le gaz à un prix élevé, mais le soleil est gratuit, tout comme le vent, et il faut en profiter. Mais pour y parvenir, les dispositifs doivent être installés.
Au Luxembourg, la majorité de l'électricité est utilisée dans le transport et l'industrie. Ce qui pourrait être couvert uniquement par des sources renouvelables, d'après Paul Zens.
L'électricité nucléaire est un modèle dépassé et de l'ordre de la "masturbation intellectuelle pour les fétichistes de l'énergie nucléaire", dont plus personne n'a besoin à l'avenir. La conversion a encore besoin de temps, selon Paul Zens, mais on peut déjà renoncer à l'énergie nucléaire.
Que cette dernière représente la majeure partie de la production, est un conte de fées. C'est seulement un faible pourcentage et, même à la France, elle donne plus de fil à retordre qu'elle n'est rentable.
La Commission européenne travaille à une réforme du marché européen de l'électricité et Paul Zens apprécie cette initiative, car jusqu'à présent, c'est un fait que le producteur le plus cher fait le prix et c'est une spéculation artificielle.
D'après le président d'Eurosolar, il faut nécessairement développer les installations solaires sur les toits. Il faudrait insister sur ce point. Les sols sont déjà suffisamment recouverts. L'Etat et les communes doivent aussi faire leur part. Certaines communes en feraient beaucoup dans ce domaine, d'autres auraient le pied sur le frein.
Les résidents pourraient par exemple être aidés par des primes. La pénurie d'entreprises artisanales, d'électriciens et de mécatroniciens au Luxembourg serait un autre problème. On aurait tardé à attirer l'attention sur l'attractivité de la profession, toujours selon Paul Zens.