
L'ouvrage "111 Lieux à Luxembourg à ne pas manquer", sorti l'été dernier, prend un chemin différent des guides touristiques classiques.
Il assume, ainsi, de ne pas évoquer certains lieux emblématiques de la ville mais d'en révéler d'autres, beaucoup plus confidentiels. "Qui voudrait lire pour la centième fois que le site du Palais grand-ducal abritait autrefois l'Hôtel de Ville de la Ville de Luxembourg?" s'amuse l'auteur Joscha Remus. Entre deux statues insolites, on retrouve quand même, dans le livre, la trace de certains endroits connus de la ville.

Cet Allemand de naissance a grandi à la frontière et, de fait, se sent comme chez lui dans la capitale luxembourgeoise. Il a d'ailleurs publié d'autres bouquins sur le Luxembourg, dont un guide de conversation dans les deux langues (Lëtzebuergesch - Wort für Wort) et des guides... plus classiques. On lui a demandé de sélectionner pour nous cinq lieux particuliers à Luxembourg.
"Pour moi, le lieu le plus méconnu de la capitale est probablement la statue de Joseph, érigée en 1888, au-dessus de la ville: elle fait 24 mètres de haut et avec un piédestal praticable. Même la plupart des guides touristiques, qui emmènent les touristes dans la ville depuis des années, ne connaissent pas cette statue. Pourquoi? Parce qu'une forêt le cache généralement. La statue se dresse sur un rocher de 60 mètres de haut au-dessus de Clausen et surveille la ville. Qui aurait cru que la ville de Luxembourg, comme Rio de Janeiro, aurait une statue géante qui regarderait la ville de haut en bas? Et pourtant, c'est le cas!"
"Je pense aux Devadas de la cathédrale gothique. Les Devadas, ce sont danseuses religieuses indiennes que l'on trouve, à Luxembourg, sur une colonne de soutien de la tribune d'orgue baroque de la cathédrale. Elles ont d'imposantes coiffes, des vêtements sud-américains, des ailes tordues vers l'arrière et adoptent des postures de yoga. Leurs jambes sont pareilles à des serpents se muant en plantes grimpantes et écailleuses. Cette œuvre date de 1620 et est attribuée au sculpteur Daniel Müller. Comme les danseuses ont les jambes écartées, elles sont souvent cachées ou passées sous silence par les guides lors des visites de la cathédrale!"
"Je dirais le jardin de Wil Lofy. L'atelier de cet artiste luxembourgeois, situé au 1 rue Saint Ulric, déborde de bois flotté de Patagonie et d'os de baleine. C'est vraiment quelque chose d'unique à voir. L'atelier n'est pas ouvert à tous, en revanche, vous pouvez admirer le jardin et quelques sculptures à l'extérieur. Ce qui est charmant aussi, c'est qu'à quelques pas de là, sur le Stadtgrund, la vue s'élève merveilleusement sur l'Alzette et le pont de l'Alzette vers la ville haute."
"Sans aucun doute, la Gëlle Frau. Ce n'est pas pour rien qu'elle dessine la couverture du livre comme une icône dorée! Pour la petite histoire: en mai 1940, l'occupant allemand a détruit la femme d'or, ce symbole de liberté, avec un rouleau compresseur. Les fragments de ce corps de bronze doré à l'or ont disparu pendant 40 ans... jusqu'à ce qu'ils soient redécouverts en 1981 sous les tribunes du stade de football de la ville."
"C'est le Nuesenheini. Il s'agit d'une tête de pierre qui dépasse du mur d'une maison de la rue de l'Eau, et qui tend un énorme nez aux passants. Peu de gens savent que cette tête était autrefois placée au-dessus de la porte d'entrée du Cinéma de la Cour. Dans ces premiers temps du cinéma luxembourgeois, un spectateur s'est tordu de rire sur son siège à plusieurs reprises. Son rire était si communicatif qu'un tailleur de pierre a placé une représentation de sa tête au-dessus de la porte d'entrée du cinéma. Aujourd'hui, sans aucun indice, sans aucune plaque, la tête sourit aux visiteurs de la ville. J'aime à penser qu'elle met un sourire sur leur visage."
