Après l'OGBL qui a dénoncé un "simple sursis de deux ans" dans les rues de Metz mardi, c'est au tour du LCGB de monter au créneau. Ce vendredi matin, le syndicat chrétien a organisé un piquet de protestation devant l'ambassade de France à Luxembourg pour dire haut et fort que la solution trouvée par la France n'en est pas une.
Elle ne fait que mettre entre parenthèses pour 2020 et 2021 l'impôt "surprise" infligé aux ménages de frontaliers français qui gagnent leur vie à la fois au Luxembourg et en France. Pour Christophe Knebeler, Secrétaire général-adjoint du LCGB, "le fisc français a remis une couche dans la mauvaise direction". Il se demande si le fisc a d'ailleurs "provoqué volontairement une casse sociale ou financière pour des milliers de frontaliers à revenus mixtes?"
Rappelons qu'avant le rétropédalage de Bercy, il y a une semaine, la grande majorité des frontaliers français étaient sommés de payer des centaines, voire des milliers d'euros, d'impôts sur le revenu en plus du fait que les règles de calcul avaient changé suite à la nouvelle convention fiscale franco-luxembourgeoise. "Le fisc est-il conscient de l'impact désastreux de ces nouvelles règles sur l'attractivité du marché du travail régional?", interroge Christophe Knebeler. Argument clef brandi d'un côté de la frontière comme de l'autre.
Le report de deux ans de la double imposition qui ne dit pas son nom est, aux yeux du LCGB, "un trompe-l'œil honteux! Une injustice n'est pas résolue en la reportant de deux ans, mais par un engagement ferme et des solutions concrètes!", martèle Christophe Knebeler, sous l'œil de Patrick Dury, Président du syndicat.
Le LCGB a écrit directement au président français Emmanuel Macron et au Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel qui ne pourra pas feindre d'ignorer la situation. Xavier Bettel recevra une "copie pour info". Le LCGB y demande "une rectification automatique de l'imposition des frontaliers lésés" et exige "la révision rapide des méthodes de calcul du fisc français" à l'origine du malaise. Comme l'OGBL, le LCGB dit qu'il restera vigilant dans ce dossier et qu'il ne baissera pas la garde.
Aux deux dirigeants, le LCGB demande d'"arrêter avec la politique politicienne des solutions mi-cuites". Et lance à Macron comme à Bettel: "Engagez-vous résolument pour une rectification rapide de la situation dans l'intérêt des frontaliers français, de la région française du Grand Est et du Luxembourg!"
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