
Fin novembre 2025, la Cour de Cassation a rendu un arrêt interdisant aux médias RTL de citer le nom de l’ancien président de la Fédération syndicaliste des facteurs luxembourgeois (FSFL). “Le jugement nous a scandalisés, quand on sait ce qui s’est passé il y a plus de 20 ans. C’est irresponsable et incompréhensible”, a déclaré mardi matin sur RTL Raymond Juchem, président du Syndicat des P&T, qui a succédé à la Fédération syndicaliste des facteurs luxembourgeois (FSFL).
Pour rappel : RTL s’est vu interdire par la Cour de cassation de citer le nom de l’ancien président de la FSFL. Celui-ci avait été condamné pour le détournement d’environ 560 millions de francs de l’époque, soit 14 millions d’euros. Il avait spéculé avec l’épargne de 500 facteurs, avait puisé dans la caisse à titre privé et avait notamment financé l’achat d’une finca à Majorque.
Suite à cette affaire, la Fédération syndicaliste des facteurs luxembourgeois avait dû être dissoute et avait tout perdu financièrement, pour que les victimes puissent être indemnisées, rappelle Raymond Juchem. La FSFL disposait “alors d’appartements, d’un café, de beaucoup de liquidités, qui avaient été accumulées pendant des années, et tout cela était parti”. C’est pourquoi il est “irresponsable et incompréhensible” pour le syndicat actuel que le nom de l’ex-président de la FSFL ne puisse plus être mentionné dans la presse aujourd’hui, “car ce qu’il a commis à l’époque est impardonnable”, selon Raymond Juchem. Et ce dernier d’ajouter “nous parlons du président de la FSFL. Je le répète, nous avions des personnes qui se trouvaient dans une situation intenable. Un syndicat reconnu a dû être dissous à cause de toute cette affaire. À l’époque, nous étions un syndicat fort. Nous avons dû repartir de zéro. Je le dis, nous n’avions plus aucune possibilité. Nous avons dû regagner la confiance des gens”.
Des centaines de personnes qui avaient fait confiance à l’ex-président avaient tout perdu et ne savaient pas si elles allaient récupérer leur argent. Le préjudice était immense et irréparable et ne doit pas être oublié. L’argent que RTL devrait payer comme amende si le nom de l’ancien président était cité (7.000 euros), ce qui est “une injure énorme” pour le président du Syndicat des P&T, devrait être versé aux victimes ou au syndicat, a ajouté Raymond Juchem, furieux. “C’est une énorme insolence”.
Au Danemark, en raison du fort niveau de digitalisation, la poste publique danoise ne distribue plus de lettres depuis le 1er janvier. Les boîtes aux lettres publiques ont été démontées. Raymond Juchem ne craint toutefois pas que cela se produise au Luxembourg.
Chaque année, le volume de lettres diminue cependant d’environ 7%. Mais 90 millions de lettres doivent encore être distribuées. Et le volume de colis à distribuer explose, avec plus de 8 millions par an. “C’est cela l’avenir.” Ainsi, le métier de facteur, qu’il s’agisse du tri ou des tournées, ne disparaîtra pas. “Post Luxembourg a récemment décidé de lancer un important plan d’investissement à Bettembourg afin de garantir l’avenir du courrier, du métier de facteur et des personnes qui y travaillent, qu’il s’agisse du tri ou des tournées. Je ne me fais aucun souci : les facteurs n’auront pas à s’inquiéter pour la sécurité de leur emploi à l’avenir”, assure Raymond Juchem. Ce dernier ajoute que “le traitement des colis est de loin plus dur que la distribution du courrier. C’est donc aux syndicats, mais aussi aux employés, de collaborer, et nous devons réagir si le volume de colis devient trop important et que les facteurs ne parviennent plus à accomplir leur tâche. Dans ce cas, Post Luxembourg devra embaucher le personnel nécessaire ou trouver des solutions pour que les facteurs puissent distribuer leurs colis dans le cadre de leurs huit heures de travail. C’est un défi qui restera présent dans les années à venir.”