Pollution et fuméesLe Haut‑commissaire à la protection nationale réfute toute lenteur

Raphaëlle Dickes
adapté pour RTL Infos
Après les fumées venues des Hautes Fagnes, une partie de la population s’est interrogée sur la réactivité des autorités. Sur les réseaux sociaux, certains ont estimé que les alertes étaient arrivées trop tard, tandis que plusieurs députés ont déposé des questions parlementaires.
© JOHN THYS/AFP

Le Haut‑commissaire à la protection nationale, Guy Bley, défend pourtant une communication précoce.

Lundi midi, les capteurs de l’Administration de l’environnement affichaient une qualité de l’air "miserable" sur l’application meng Loft. Dans le même temps, LU‑Alert indiquait un niveau vert, sans danger pour la santé. Une contradiction qui a alimenté les critiques.

Guy Bley rappelle qu’il n’est ni expert de la Santé ni de l’Environnement, mais insiste sur le fait que les services ont communiqué dès que possible : "Nous avons communiqué très tôt. Nous avons commencé à informer à un moment où toutes les valeurs étaient encore parfaitement normales, où il n’y avait aucun risque, et jusqu’à aujourd’hui il n’y a pas de risque majeur pour la population."

Den Haut-Commissaire à la Protection Nationale Guy Bley
Le Haut-Commissaire à la Protection Nationale Guy Bley
© Ricardo Besantini

Les "valeurs" évoquées concernent les seuils de pollution qui déclenchent une communication officielle. D’autres critères sont également pris en compte, comme les appels au 112 ou une éventuelle hausse des interventions médicales. "Dimanche, il n’y avait absolument aucune situation problématique. Malgré cela, nous avons décidé de nous réunir de manière préventive, de faire travailler ensemble les médecins de la Santé et les experts de l’Environnement pour évaluer la situation et ce qui pouvait arriver dans les heures suivantes."

Sur cette base, des recommandations préventives ont été décidées. Mais lorsque la première alerte LU‑Alert a été envoyée dimanche vers 15 h pour signaler d’éventuelles odeurs, de nombreux habitants avaient déjà senti les fumées, et certaines communes avaient publié leurs propres conseils.

Le ministère de l’Intérieur salue l’initiative des communes

Au ministère de l’Intérieur, cette proactivité locale est vue positivement. Alain Becker, directeur général de la sécurité civile, explique que les communes sont encouragées à développer des plans de résilience. L’objectif est d’informer en amont, sans provoquer de panique, tout en observant ce que font les pays voisins lors d’incidents transfrontaliers.

"Le 112 a également surveillé ce que faisaient nos collègues de Rhénanie‑Palatinat, de Rhénanie‑du‑Nord‑Westphalie ou de la Sarre. Les informations n’étaient pas toujours identiques, parfois divergentes, et il fallait déterminer ce que nous allions transmettre."

L’alerte LU‑Alert concernant les odeurs a été envoyée par le CGDIS, en s’inspirant de la manière dont les autorités françaises communiquent dans des situations similaires.

Pourquoi pas un Cell Broadcast ?

Une deuxième alerte LU‑Alert, recommandant de fermer les fenêtres, est arrivée dimanche à 19h30, alors que les fumées recouvraient déjà le pays. Certains s’interrogent : aurait‑on pu prévenir plus tôt ?

Guy Bley assure que la situation était suivie depuis samedi par MeteoLux et le CGDIS, mais que les conditions variaient fortement d’un village à l’autre : "Il fallait une communication valable pour tout le pays, et cela a été un vrai défi."

Quant au Cell Broadcast, il estime qu’il n’était pas adapté : "Le Cell Broadcast est réservé aux situations où l’on attend une réaction immédiate de la population dans une zone très précise. Quand un nuage de fumée traverse tout le pays, il est impossible de savoir exactement où il se trouve à un instant donné."

La situation continue d’être surveillée. Une évaluation aura lieu ultérieurement pour déterminer ce qui pourrait être amélioré à l’avenir.

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