Face à la perte de confiance dans la politiqueLe LSAP lance une campagne pour demander l’avis des gens "ordinaires"

Marc Hoscheid
adapté pour RTL Infos
Pendant deux jours, 60 participants vont discuter des thèmes du logement, du travail, de la santé et de l’environnement.

Le LSAP souhaite mieux comprendre ce que pensent les citoyens. Pour y parvenir, le principal parti d’opposition a lancé une campagne intitulée
"Sot eis, wou de Schong dréckt" en luxembourgeois et "Ton opinion nous intéresse !" en français. Mais il ne s’agit pas seulement d’écouter : les propositions des citoyens doivent également se traduire par des mesures politiques concrètes.

Le LSAP est convaincu qu’il existe un véritable problème de confiance envers le monde politique. C’est ce qu’aurait montré la dernière édition de l’enquête POLINDEX, réalisée l’année dernière, comme l’explique le coprésident du parti, Georges Engel : "Deux tiers des citoyens luxembourgeois, soit 67 %, estiment que les décideurs politiques accordent peu ou pas d’attention à ce que pensent les gens. Parmi nos citoyens qui n’ont pas la nationalité luxembourgeoise, cette proportion atteint même 71 %."

La méfiance serait particulièrement forte chez les jeunes, dont seulement 26 % déclarent que la politique leur donne de l’espoir. L’une des conséquences de cette distance vis-à-vis de la politique serait la progression, un peu partout dans le monde, des partis situés très à droite.

Et en tant que responsable politique, il faut aussi reconnaître que l’on évolue effectivement souvent dans une sorte de bulle, explique la coprésidente du parti, Maxime Miltgen : "Lorsque nous nous occupons chaque jour de politique, que nous lisons des dossiers, discutons au sein de groupes de travail et participons à des débats à la Chambre ou au sein du parti, nous finissons aussi par regarder certains sujets à travers un prisme politique. C’est tout à fait normal, mais c’est précisément pour cette raison qu’il est important de se rappeler régulièrement qu’il existe encore beaucoup d’autres façons de voir les choses."

Afin de mieux comprendre comment des personnes qui ne sont pas nécessairement actives en politique, voire qui ne s’y intéressent pas, perçoivent différents sujets, le LSAP va organiser deux journées de discussions consacrées au logement, au travail, à la santé et à l’environnement. Le secrétaire général du parti, Sascha Pulli, explique qui y participera : "Concrètement, 60 personnes se réuniront. Il s'agit de 23 non-membres, 23 membres, sept députés et sept représentants de la direction du parti."

Les participants seront certes tirés au sort, mais une attention particulière sera portée à ce qu’un éventail aussi large que possible de tranches d’âge, de professions, de genres, de niveaux d’études et de nationalités soit représenté. L’objectif sera de retenir dix recommandations par thème, soit 40 au total, qui serviront de base de réflexion lors de l’élaboration du programme du LSAP pour les élections législatives de 2028. Comme toujours, c’est toutefois un congrès qui aura le dernier mot sur le programme électoral.

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