
Au lendemain de nouvelles frappes russes en Ukraine qu'il a très vite condamné via Twitter, et à la veille de la remise symbolique du projet de budget de l'État pour 2023, le Premier ministre prononcera ce mardi vers 15h00 son très attendu discours sur l'état de la nation.
Annulé en 2019 puis décalé en 2020 et 2021 à cause de la pandémie liée au Covid-19, le discours-clef annuel du Premier ministre sur la situation sociale, économique et financière dans laquelle se trouve le pays, se déroule pour la troisième fois au mois d'octobre. Alors que classiquement il est prononcé par le Premier ministre au début du printemps, en avril. Cela le desservira-t-il ou pas ? C'est en effet son dernier grand oral durant cette deuxième législature et avant l'année électorale 2023.
Un an avant les élections législatives qui décideront du sort de l'actuelle coalition gouvernementale (DP-LSAP-Les Verts), Xavier Bettel mesure tout le pain que son gouvernement a encore sur la planche, qu'il a encore bien des promesses à tenir et sait donc qu'il jouera serré.
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Si son discours de l'an passé était axé sur les projections de sortie de la pandémie, le Premier ministre devra faire un vrai numéro d'équilibriste pour continuer à rassembler par les temps compliqués qui courent. La guerre en Ukraine se fait plus inquiétante, le Covid continue de couver en ce début d'automne, et le Luxembourg vit de plein fouet une inflation qui grignote le pouvoir d'achat des ménages. Le prix des carburants, des matières premières, de la construction, les taux d'intérêts des crédits immobiliers... tout augmente.
Le gouvernement a déjà répondu en partie à ces craintes en ficelant, avec ses partenaires sociaux, unis cette fois, un "paquet de solidarité 2.0" avec des mesures "sans précédent" (hausse du salaire minimum, gel du prix de l'électricité, nouvelles tranches indiciaires,...). Mais Xavier Bettel sait que ces mesures, et celles qu'il peut encore proposer, auront un coût. Même si sa ministre des Finances, Yuriko Backes, a déjà annoncé que les finances publiques risquent de se dégrader d'ici fin 2022, le niveau d'endettement de l'État reste une question sensible au Luxembourg, habitué à la gestion en "bon père de famille".
L'ancien ministre des Finances (CSV), Luc Frieden, aujourd'hui président de la Chambre de Commerce, vient de tirer la sonnette d'alarme en avertissant sur RTL Radio que "la dette de l'État n'avait encore jamais été aussi élevée qu'aujourd'hui". Rappelons qu'il est issu des rangs du CSV, de l'opposition donc.
Dès mercredi après-midi, les députés réagiront aux propos du Premier ministre lors de débats qui se poursuivront jeudi matin. L'opposition est aux aguets.
Ce mardi après-midi les agriculteurs manifesteront devant l'hémicycle. Les trois grands syndicats du secteur, à savoir la Bauer-Allianz, la Centrale paysanne et le FLB, ainsi que les deux organisations de jeunes agriculteurs se réunissent pour exposer leurs doléances aux députés. Les agriculteurs qui réclament un sommet agricole sont très inquiets des coûts des matières et de l'énergie dont ils ont besoin pour produire et du projet de loi agricole. Les jeunes agriculteurs avaient tiré la sonnette il y a quelques jours en menant Une action "botte rouge" le long des routes luxembourgeoises.
Du changement sur les bancs de l'opposition. En cette rentrée parlementaire, la jeune députée Elisabeth Margue sera assermentée publiquement et viendra étoffer le plus grand groupe politique de l'opposition, le CSV. L'avocate de 32 ans et co-présidente du parti était sortie 8ème lors des élections législatives en 2018 dans la circonscription Centre. Elle siège aussi au conseil communal de Luxembourg-Ville de Luxembourg
Elle remplacera la Viviane Reding, députée chevronnée des chrétiens-sociaux qui a officiellement démissionné en ce début de mois après une carrière politique de 43 ans.
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