Meurtre au LuxembourgLe bébé n'est pas mort noyé, mais étouffé, selon le légiste

RTL Infos
L'enfant n'aurait pas souffert, car il aurait perdu conscience au bout de 20 à 30 secondes, d'après le médecin légiste.

Ce dernier a témoigné jeudi matin devant le tribunal de Diekirch, au deuxième jour du procès d'une mère poursuivie pour l'assassinat de son petit garçon de six mois en novembre 2015.
Au cours de l'autopsie du petit Ben, le médecin légiste avait notamment constaté des hémorragies au niveau du cou. C'est pourquoi il avait rapidement été évident que le bébé n'avait vraisemblablement pas été noyé dans l'Ernz Blanche, la rivière dans laquelle son corps avait été retrouvé, mais avait été étouffé.

Selon le médecin légiste, il ne faut pas faire preuve de beaucoup de force pour bloquer les voies respiratoires d'un petit enfant. Ce médecin avait aussi examiné la mère, qui présentait notamment des blessures au ventre, qui correspondaient à un couteau qu'on aurait utilisé contre soi. Il ne pouvait cependant pas dire dans quelle mesure l'accusée aurait éventuellement voulu se tuer.

Interrogé par Maître Trixi Lanners, l'avocate de la mère, pour savoir si les anticoagulants que cette dernière prenait, auraient pu entraîner une hémorragie fatale, l'expert a répondu que cela aurait pu entraîner une perte de sang plus rapide, mais qu'une mort par hémorragie suite à des blessures au ventre était plus compliquée.

Un psychologue a expliqué que l'accusée aurait eu des problèmes pour développer des sentiments maternels envers le petit Ben, surtout après son AVC.

Elle aurait ensuite souffert de dépression et d'une mélancolie délirante. Tout lui était de trop, et particulièrement son fils. Elle aurait même développé une forme de haine à l'égard de l'enfant, parce qu'elle l'aurait rendu responsable de la dégradation de sa santé.

Puis le drame était survenu. „Il est tout le temps question chez vous d'une mélancolie névrotique, donc pas d'une maladie, mais soudain d'une mélancolie psychotique, ce qui en est bien une. Jusqu'au dernier mot, la femme était responsable, mais soudain plus“, a remarqué le président de la Cour.

Vous devriez demander cela à l'expert neuropsychiatre, a répliqué le psychologue. Pour ce dernier, l'AVC de l'accusée aurait pu être à la base d'un accès psychotique. „Avez-vous des expériences en ce sens?“, a voulu savoir le président du Parquet. "Non", a répondu l'expert.

Le procès se poursuivra vendredi.

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