Affaire Pascal RicquierL'avertissement du parquet menace-t-il les libertés syndicales?

RTL Infos
Pour le président de la Confédération générale de la fonction publique, l'avertissement du parquet adressé à l'ex-président du Syndicat de la police "foule aux pieds les libertés syndicales".

"Nous en avons assez de voir comment les libertés syndicales sont foulées aux pieds": c'est par ces mots que le président de la CGFP, en colère, a réagi à l'avertissement du parquet reçu par l'ancien président du syndicat de la police.

Cet avertissement est la conséquence d'une série de plaintes que 12 hauts gradés de la police, entre autres, avaient déposées à titre personnel contre Pascal Ricquier.  Le motif des plaintes était des déclarations que Pascal Ricquier avait faites en tant qu'ancien président du Syndicat professionnel de la force publique. Il y a trois ans, lors d'un congrès, il avait vivement critiqué la hiérarchie policière, selon les explications fournies le vice-président du syndicat, Marco Richard, pour éclairer la situation, lors de la récente assemblée générale. A la suite de quoi, Pascal Ricquier n'a pas été poursuivi devant un tribunal, mais a reçu récemment un avertissement du parquet, dont Marco Richard a cité une phrase:

"'Le présent dossier sera tenu en suspens à condition que les faits y reprochés ne se reproduisent plus!' Il semble donc acquis au parquet, que les faits ont eu lieu, tels qu'ils sont reprochés. Sans procédure judiciaire, sans condamnation et sans qu'il s'agisse d'une infraction pénale. Jusqu'à présent, j'ai toujours pensé qu'on était innocent jusqu'à ce qu'on soit condamné avec un jugement qui a force de chose jugée."

L'ex-chef d'Etat-Major avait déposé une autre plainte, mais celle-là a été classée sans suite. Avec les plaintes précédemment citées, la question qui se pose à présent est: que va-t-il se passer maintenant ? Est-ce que ces accusations vont se retrouver dans le casier judiciaire? Dans un autre fichier? Combien de temps seront-elles conservées? Quelles sont les possibilités de recours de Pascal Ricquier et quel est en fait le but de cet avertissement? A cette dernière question, le président de la CGFP, Romain Wolff, a une réponse évidente:

"Les syndicalistes doivent manifestement (...) être muselés. Sur le mode: n'osez plus rien dire, car sinon..."

Une situation inacceptable pour la CGFP. "On ne touche pas à la liberté syndicale! Affaire à suivre!"

Le CSV a entretemps demandé la réunion d'urgence des Commissions parlementaires de la Sécurité intérieure, de la Défense et de la Justice. L'opposition veut qu'en collaboration avec les ministres concernés et le Parquet général, la lumière soit faite dans ce dossier.

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