
Chaque année, l’emploi dans les entreprises artisanales progresse de 3% au Luxembourg. Le secteur reste structurellement très fort, ont constaté mardi les responsables de la Chambre des Métiers, sans toutefois dissimuler que dans la construction, 4.600 emplois ont disparu en un an dans 145 entreprises.
Les chiffres du secteur préoccupent Tom Oberweis, le président de la Chambre des Métiers. 2024 a été une année difficile pour le secteur de la construction en raison des crises du bâtiment et du logement. Il manque pourtant 5.000 logements au Luxembourg.
“Cela a bien sûr mis beaucoup de pression sur les métiers du bâtiment, avec pour conséquence que maintenant, comme un effet domino, d’autres entreprises d’un autre secteur, dans le parachèvement ou la finition, connaissent des difficultés, car il y a moins de travail.”

La conclusion de tout cela est que le bâtiment a perdu 4.000 salariés. Globalement, la Chambre des Métiers voit quatre grands défis qui s’imposent actuellement au secteur de l’artisanat. Il manque des terrains pour développer les activités. Il manque aussi une main d’oeuvre jeune, selon Max Urbany, économiste à la Chambre des Métiers. Un autre problème est la transmission des entreprises familiales.
“Nous constatons que 47% des chefs d‘entreprise ont déjà plus de 50 ans et devront bientôt transmettre leur entreprise. Et se pose aussi le problème des investissements pour maintenir la productivité, car nous constatons qu’il est difficile pour les entreprises d’investir à cause des taux d’intérêt élevés.”
La Chambre des métiers propose au gouvernement, entre autres, de mettre davantage de terrains à disposition du secteur et de permettre aux entreprises artisanales de garder leurs bénéfices exonérés d’impôts. Pour Max Urbany, il est important de soutenir encore davantage l’artisanat, notamment via l’orientation scolaire:
“Car une orientation vers le bas est souvent utilisée pour l’artisanat. Cela signifie que si vous n’êtes pas assez bon en langues, vous êtes poussé vers l’artisanat, et effectivement ce n’est pas bon. Nous envisageons ici une vision plus personnalisée, où les élèves examineront où se situent leurs points forts.”
Le secteur recourt de plus en plus à une main d’oeuvre étrangère. Depuis 2008, le nombre de frontaliers travaillant dans ce secteur augmente de 4% chaque année, tandis que celui des artisans luxembourgeois n’augmente que de 1,5%.