Syndrome de NoéL'accumulation pathologique d'animaux est un phénomène connu aussi au Luxembourg

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Le syndrome de Noé - "Animal hoarding" en anglais - décrit une pathologie qui amène des gens à posséder un grand nombre d'animaux tout en ne parvenant pas à s'en occuper correctement.
© Landesamt für Verbraucherschutz Saarland

Début mars, 200 cadavres d'animaux et 32 chats abandonnés ont été découverts dans une cabane de jardin à Sarrebruck. De telles nouvelles provoquent toujours une forte émotion parce qu'elles correspondent à la découverte de nombreux animaux malades, certains parfois déjà morts, d'autres devant être abattus. Dans les cas de syndrome de Noé, un trop grand nombre d'animaux domestiques sont retenus dans un espace trop étroit et souvent dans une crasse extrême. Le propriétaire n'est alors plus capable de garder les animaux et de s'en occuper en respectant leurs besoins.

Le docteur Wildschütz de l'Inspection vétérinaire, a confirmé l'existence du phénomène au Luxembourg, mais il est plutôt rare. Quand un tel cas leur est signalé dans le cadre du bien-être animal, des membres de l'Inspection vétérinaire se rendent sur place pour se faire une idée de la situation.

Quand il y a en plus un problème d'hygiène, l’Inspection sanitaire se déplace aussi. Une solution est alors immédiatement recherchée. Le propriétaire des animaux peut se voir ordonner de se rendre régulièrement chez un vétérinaire avec ses bêtes pour un contrôle. Il doit également collaborer à la maîtrise du problème sanitaire. Il arrive parfois aussi qu'en accord avec le propriétaire, les animaux soient placés temporairement ou définitivement.

En dernier recours, les animaux sont confisqués. Cela passe alors par le parquet. Ils sont confiés soit à une personne physique ou morale soit à une association pour la protection des animaux. Une série de sanctions sont prévues dans la loi sur la protection des animaux, dans les cas où le propriétaire enfreint les règles. Cela peut aller du procès-verbal à la plainte. Le juge a alors la possibilité de prononcer une interdiction de posséder un animal, dont la durée peut varier de trois mois à 15 ans.

Marie-Anne Heinen, l'une des fondatrices de l'ASBL "Privaten Déiereschutz" a déjà vécu plus d'une fois de telles situations. Dans deux familles, ils ont même dû retourner à trois reprises, parce que les lieux étaient à nouveau remplis d'animaux.

Il est important que les responsables de l'ASBL se rendent alors sur place avec l'Inspection vétérinaire et éventuellement l'Inspection sanitaire, sans s'annoncer au préalable. Sinon il y a un risque que les gens aient rangé et nettoyé ou qu'ils aient confié une grande partie des animaux à des amis juste pour le jour du rendez-vous. C'est exactement ce qui s'était passé lorsque l'Inspection vétérinaire avait annoncé sa visite à une famille qui possédait un nombre énorme de lapins, d'oiseaux et de pigeons sauvages. Lors du contrôle, ils n'avaient plus que deux cages avec des lapins dans la maison. Le reste était chez la voisine. Mais tout cela a fini par sortir, car la voisine a porté plainte plus tard.

Dans un autre cas, dans le sud du pays, le voisin direct d'une mère et de sa fille, avait un jour appelé la police à cause d'une forte odeur de cadavre. Jusqu'à cette date, les deux femmes n'avaient jamais laissé pénétrer dans la maison ni la police ni l'Inspection vétérinaire. Ce jour-là, la police a défoncé la porte.

Plusieurs chiens morts depuis longtemps ont été immédiatement découverts dans un abri, sous des sacs à ordures. 60 animaux ont été retirés à cette famille. Ils ont été hébergés à l'asile pour animaux de Gasperich, à celui de Dudelange et à l'ASBL "Privaten Déiereschutz". Cinq des 26 chats qu'ils avaient récupérés ont dû être directement euthanasiés, selon Marie-Anne Heinen.

 

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