Pas encore de reprise en vueLa situation reste difficile et tendue dans le secteur de la construction

Claudia Kollwelter
Le constat général, tant du côté de la Chambre des Métiers que du côté des syndicats, est que le secteur de la construction est loin d'avoir remonté la pente.
Image d'illustration
Image d'illustration
© Maxime Gonzales/ RTL Luxembourg

Le chemin du retour à la normalité sera long. Même si le gouvernement a pris des mesures, celles-ci ne portent pas encore les fruits souhaités. Au cours des 12 derniers mois, les faillites ont été nombreuses et elles ont évidemment un impact sur l'emploi. Tom Wirion, directeur général de la Chambre des Métiers, explique qu'en 2024, le secteur de la construction a enregistré un recul de l'emploi de 8%, passant de 54.500 postes à 50.000.

Il y a toujours eu des faillites dans le secteur, indique Jean-Luc De Matteis de l'OGBL. Mais actuellement, ce sont surtout les petites entreprises, qui ne disposent pas nécessairement des ressources et de l'organisation adéquates pour s'implanter correctement, qui doivent déclarer faillite. Les salariés concernés sont toutefois rapidement rattrapés par le secteur, car la demande de main d'oeuvre est bien là, affirme le syndicaliste Jean-Luc de Matteis.

Certaines branches de la construction ont encore été classées en crise l'an dernier par le gouvernement pour six mois. Cette mesure de chômage partiel ne sera cependant pas prolongée, car elle n'est pratiquement pas utilisée.

Interviewé par RTL, Robert Fornieri du LCGB indique qu'une reprise n'est pas encore constatée et que seules certaines activités reprennent progressivement. Selon lui, les investissements de l'Êtat dans le secteur ne sont pas suffisants. Les banques constituent un autre problème, elles restent très rigoureuses pour accorder des crédits. Les taux d'intérêt ont certes baissé, mais pas assez pour provoquer vraiment un rebond dans le secteur. 
 
Il n’est pas encore possible de prédire quand il y aura une véritable relance du logement, selon le CEO de Stugalux Construction SA. L'entreprise de construction a dû signer un plan social l'an dernier. Il devait concerner 65 des 180 salariés de la société, en réalité, seuls 34 ont été licenciés. Ce qui a été possible grâce à une réorganisation et une réorientation, explique Joel Schons dans une interview à RTL:
 
"Une autre solution que nous avons adoptée est qu'à titre privé, en tant que propriétaires de l’entreprise, nous y avons mis beaucoup d’argent et avons transformé l’entreprise. Avant nous vendions sur plan et dès que c'était construit, nous pouvions rédiger une facture. Maintenant nous construisons complètement la maison. Et lorsqu'elle est achevée, elle est vendue et alors l'argent rentre."
 
Mais cela a également impliqué que pendant près d’un an, toute l’entreprise a dû fonctionner sans émettre de facture. L'année a été compliquée, mais nous avons remonté la pente, souligne le CEO de Stugalux Construction.

En janvier 2024, les syndicats avaient plaidé pour un plan de maintien dans l'emploi. Mais nous traversions une crise comme il n'y en avait plus eu dans le pays depuis 30 ans et c'est pourquoi nous ne pouvions simplement pas éviter le plan social, indique Joel Schons. Aujourd'hui la situation s'est améliorée, mais la crise du logement n'est certainement pas encore surmontée.

Back to Top
CIM LOGO