"Prudente et mesurée"La "révélation luxembourgeoise" Paulette Lenert vue depuis la France

RTL Infos
Visage omniprésent au Luxembourg pendant la crise du coronavirus, la cheffe de file des socialistes Paulette Lenert pourrait devenir la première femme à diriger le gouvernement du Luxembourg, constate l'Agence France Presse (AFP) qui lui a consacré cet article.
© AFP

"Paulette Lenert, la révélation luxembourgeoise en lice pour devenir Première ministre" titre l'AFP. Lors d'une rencontre avec le média français à l'approche des élections législatives prévues dimanche, Mme Lenert, large sourire encadré par des cheveux blonds, est fidèle à son style, prudente et mesurée. Elle assure ne pas encore se projeter dans la fonction actuellement occupée par le libéral Xavier Bettel.

Aux yeux de cette juriste de 55 ans nommée ministre de la Santé en février 2020, "c'est un défi", "un honneur" d'évoluer dans l'arène politique avec ce nouvel objectif. "Je me sens très motivée".

"Mais je représente un parti et un programme (...) Il faut rester concentré jusqu'au bout et continuer avec persévérance à convaincre sur nos idées, expliquer, répondre aux questions", relève-t-elle.

Interrogée sur ses modèles, elle cite l'ex-Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern, qui avait soudainement quitté le pouvoir en janvier 2023, suggérant qu'il doit y avoir une vie au-delà de l'engagement politique.

Un de ses marqueurs est d'ailleurs le combat pour la réduction du temps de travail, à 38 heures hebdomadaires au lieu de 40, pour un meilleur équilibre entre vies professionnelle et privée.

Début septembre, à un mois du scrutin, un sondage a crédité le parti socialiste (LSAP) de 19,8% des intentions de vote, première des trois forces politiques de l'actuelle coalition --formée avec les libéraux (PD), donnés à 17,4%, et les écologistes, à 10,7%--.

Coalition à trois

Au Luxembourg le paysage est traditionnellement dominé par le parti chrétien-social (CSV, conservateurs) de l'ex-Premier ministre Jean-Claude Juncker (1995-2013). Ce même sondage crédite le CSV désormais emmené par Luc Frieden de 28,3%.

Une des principales inconnues du vote est de savoir si le poids cumulé du trio de la coalition Bettel restera suffisamment lourd pour reléguer à nouveau dans l'opposition les chrétiens-sociaux. La déconvenue du CSV avait été la surprise du scrutin de 2018.

© AFP

Mais si le scénario du sondage de septembre est confirmé et que les socialistes gagnent un voire deux sièges, Paulette Lenert pourrait se retrouver la mieux placée pour le poste de chef du gouvernement.

Pour le politologue Philippe Poirier, elle s'est clairement positionnée pour succéder à Xavier Bettel, même s'il ne faut pas sous-estimer la grande popularité dont jouit encore ce dernier après dix ans de mandat.

"Il n'y a pas de phénomène d'usure personnelle de Xavier Bettel, mais Paulette Lenert est aussi devenue une figure centrale", souligne ce professeur de sciences politiques à l'université du Luxembourg.

"Jamais auparavant il n'y a eu chez les socialistes une telle personnification de la communication politique, il y a des affiches d'elle dans tout le pays".

En déplacement ce jour-là sur un marché à Junglinster, localité de 8.600 habitants située dans sa circonscription, à 20 km au nord-est de la capitale, Mme Lenert est accueillie chaleureusement sur un premier stand qui sert de la cuisine libanaise.

"Paulette c'est notre exemple, elle fait tout avec beaucoup de compétences et de coeur", s'enthousiasme Victoria El-Khoury, cuisinière, chercheuse et militante LSAP.

Inconnue il y a 4 ans

Inconnue du grand public il y a quatre ans, Paulette Lenert a vu sa notoriété bondir d'un coup en expliquant devant les caméras les mesures anti-Covid juste après son entrée au gouvernement.

Ancienne avocate puis juge au tribunal administratif, elle était depuis 2014 détachée de la magistrature pour travailler dans différents ministères.

Aujourd'hui elle se souvient de la crise sanitaire comme d'"une période très difficile", notamment quand elle a dû annoncer l'arrêt des visites dans les maisons de retraite.

Une période qui a aussi été très formatrice pour qui voudrait un jour représenter son pays aux sommets des dirigeants de l'UE ou dans d'autres enceintes internationales.

Sur ce point elle refuse de dire si elle ferait différemment ou mieux que Xavier Bettel. "Je fais partie de ce gouvernement, qui soutient une Europe forte et solidaire, ça ne changerait pas radicalement", lâche-t-elle, prudemment.

Back to Top
CIM LOGO