
Il y a une pénurie de personnel dans la restauration et l'hôtellerie: ce constat se répète depuis la pandémie. Le manque est toutefois moins criant qu'immédiatement après la crise Covid. La pénurie est actuellement estimée entre 1.200 et 1.500 personnes, mais le secteur doit aussi s'habituer à un changement de mentalité.
La boulangerie-restaurant de Lou Reiter dans la capitale constitue un cas particulier. Le jeune manager a repris cette franchise il y a six mois et travaille beaucoup avec du personnel anglophone, car ses clients sont principalement des expatriés. Il attire ainsi des CV différents, par exemple du personnel avec une expérience internationale.
Avec la boulangerie, il ouvre à 7 heures du matin et peut proposer à ses collaborateurs des horaires de travail adaptés aux familles. Il peut ainsi engager également des parents qui élèvent seuls leurs enfants et doivent s'adapter aux horaires des maisons relais.
Il faut accepter que la mentalité au travail a changé et qu'on peut s'y adapter par la flexibilité. Le manager critique le fait que la responsabilité d'une faillite ou d'un commerce qui ne marche pas bien, soit rapidement imputée au personnel. "Personnellement, je trouve cela trop facile, car l'employeur a une responsabilité à l'égard du personnel. Et la qualité du personnel est le reflet la qualité du manager, respectivement de l'employeur."
Le fait que le personnel soit le fonds de commerce d'une entreprise et doive être respecté, est une évidence pour Alain Rix, président de la fédération Horesca, qui représente l'hôtellerie, la restauration et les cafetiers. Outre des horaires de travail plus flexibles, ce qui n'est pas possible dans toutes les entreprises, la formation de nouveaux venus dans le métier est également une piste pour remédier au manque de personnel. Les entreprises ne sont généralement pas assez grandes pour assurer elles-mêmes la formation. "Mais pour cela, nous avons l'école hôtelière, nous avons le Lycée technique de Bonnevoie, la House of Entrepreneurship et la House of Training de la Chambre de Commerce. Nous mêmes, en tant qu'HORESCA ,proposons des formations. Je crois que cela peut aider".
La pénurie concerne principalement les cuisiniers et les commis, c'est-à-dire les personnes qui aident au service ou en cuisine. Outre les conditions de travail internes, Lou Reiter et Alain Rix constatent que le contact des clients avec le personnel est devenu un peu plus rude, une évolution qui les inquiète.