
Ce qui se laissait présager, va se confirmer à la fin de l'année. Quand les entreprises vont faire leur bilan, il y en aura beaucoup qui vont déclencher le freinage d'urgence, a déclaré le secrétaire général de la Fédération des artisans mardi sur RTL.
Les artisans continuent à souffrir de la crise sanitaire. La gravité de l'impact de la pandémie varie d'une entreprise à l'autre. Les entreprises liées au secteur de l'événementiel sont particulièrement touchées: les traiteurs, pâtissiers, imprimeurs, photographes ... Le secteur du nettoyage a également beaucoup souffert, mais là aussi, cela a été très variable d'une société à l'autre.
Le comportement des consommateurs a changé. Les communes ont aussi moins de rentrées, ce que les entreprises ressentent au niveau des commandes, qui sont en baisse. Le chômage partiel a contribué à éviter le pire, tout comme le congé pour raisons familiales, explique le secrétaire général de la Fédération des artisans. Mais en ce qui concerne les aides directes aux entreprises, le bilan est mitigé. Les aides auraient été distribuées de manière très restrictive. Les entreprises de plus de 20 personnes n'ont pas pu en profiter. 90 millions d'euros ont été distribués en aides directes, c'est-à-dire non-remboursables. Les aides publiques étaient indispensables, selon Romain Schmit, mais elles doivent à présent être plus ciblées, vers ceux pour qui elles sont vraiment nécessaires. Les entreprises devraient aussi pouvoir avoir recours au chômage partiel au-delà du 31 décembre.
En ce qui concerne la politique industrielle luxembourgeoise, Fage ne serait que le sommet de l'iceberg. Ils avaient en fin de compte un dossier solide, mais ils ont été menés en bateau pendant des années. Fage serait un dossier exemplaire, car de nombreuses entreprises vivraient cela chaque jour, même si ce n'est pas dans cette mesure, selon Romain Schmit. C'est aussi pour cette raisons que de nombreuses entreprises artisanales sont parties à l'étranger, parce qu'ici, leur dossier n'avançait pas. Le secrétaire général de la Fédération des artisans réclament aux Administrations d'annoncer la couleur, avec des consignes et des contraintes claires, qu'elles respecteront ensuite.
Pour l'instant, on a l'impression que l'on fait tout pour maintenir les entreprises avec tous leurs moyens à l'extérieur. Il s'agirait d'une "politique d'empêchement", selon Romain Schmit.
Romain Schmit est également critique vis-à-vis du télétravail. Il n'aurait pas vraiment de sens dans toutes les entreprises. Il entraînerait aussi des restructurations parfois complexes dans les entreprises. Il cause un préjudice au secteur Horesca, par exemple, parce qu'en télétravaillant, les employés restent chez eux et ne vont pas déjeuner au restaurant.
Après la crise du Covid, plusieurs conventions collectives vont être renégociées. Romain Schmit plaide pour la recherche de nouvelles solutions, plutôt que de parler sans cesse des droits acquis. Les secteurs devraient avoir la possibilité de se développer comme l'époque le leur permet, dans l'intérêt de l'entreprise et des salariés. La politique sociale ne serait pas un aller-simple.