
La pétition publique (n°1717) a atteint son objectif: le quorum des 4.500 signatures nécessaires pour qu'elle fasse l'objet d'un débat public à la Chambres des députés. Mise en ligne il y a un mois, la pétition continue de mobiliser puisqu'elle a passé la barre des 4.600 signatures ce lundi à 10 heures.
Le but affiché des pétitionnaires est d'"arrêter la démolition des écoles publiques" et de stopper net le projet de loi controversé (n°7662), déposé début septembre par le ministre de l'Education nationale, Claude Meisch (DP), et qui n'avait pas tardé a provoquer un tollé de la part des syndicats de l'enseignement et de la fonction publique.
Le projet de loi doit permettre la nomination de directeurs dans quatre établissements spécialisés (Lycée technique pour professions de santé, Lycée technique pour professions éducatives et sociales, Lycée technique agricole et l'École d’hôtellerie et de tourisme du Luxembourg) qui pourront être des salariés issus du secteur privé.
Et non plus exclusivement des fonctionnaires qui sont issus de la plus haute carrière dans le service public. C'est précisément le point qui fâche les syndicats, CGFP en tête, qui y lisent une privatisation rampante de l'école publique en pleine crise sanitaire.
L'objectif de l'école est de former les futures générations de la société multiculturelle luxembourgeoise, rappellent les signataires de la pétition, avant de souligner que "son organisation, sa gestion et les visions nécessaires à son développement (...) ne sont à confier uniquement à des personnes qualifiées pour ce défi".
Il sont d'avis que ceci n’est que possible qu'à deux conditions. Que les candidats potentiels pour diriger ces établissements aient une "parfaite connaissance des spécificités linguistiques du Luxembourg" d'une part. Et qu'ils puissent se prévaloir "d’une expérience et d’une expertise certaine en tant qu’enseignant sur le terrain", d'autre part. En bref, qu'ils soient issus du sérail et non parachutés du privé.
La pétition restera en ligne jusqu'au 7 janvier 2021 à minuit. Reste à savoir à quel moment elle sera débattue avec les députés et le ministre de l'Education nationale à la Chambre. Face à la levée de boucliers provoquée par son projet de loi, Claude Meisch s'était rétracté.
Il avait décidé de le retirer à la veille de son examen prévu le 18 novembre au parlement. Précisant que les discussions seraient seulement reprises "à l’issue de la crise sanitaire liée au covid-19". Autrement dit, pas dans les tous premiers mois de 2021.