
Financièrement parlant, le Luxembourg supporterait mieux la pandémie que prévu. Avec un recul de 1,3% du PIB, la crise actuelle serait moins grave que la crise financière de 2009. Ces connées sont issues de l'analyse du CNFP, le Conseil national des finances publiques. Même si l'économie ne va pas si mal, étant donné les circonstances, les finances publiques en ont pris un coup ...
Avec une baisse de 19 à 20%, les finances publiques ont subi un grave impact. Marc Wagener, président de CNFP, explique cela ainsi: "Cela est dû au fait que l'économie s'est arrêtée de manière abrupte, qu'il y a eu simplement le confinement pendant quelques semaines. Mais dans le même temps, l'Etat a mobilisé de l'argent pour faire face à la crise, avec lequel il a payé le chômage partiel ou effectué des transferts aux ménages et aux entreprises."
En ce sens, cette crise serait atypique, selon Marc Wagener. Nous pourrions penser que nous l'avons déjà surmontée: "Mais elle a eu sur les finances publiques un plus gros impact que toutes les crises que nous avons pu avoir précédemment."
Les performances économiques en général seraient toutefois meilleures que prévu. L'automne dernier, le CNFP prévoyait encore un scénario plus négatif, avec une récession de 6%. Nous en sommes loin avec le niveau actuel de récession, qui est de -1,3%. Si l'économie repart, l'argent entre à nouveau. En raison de la reprise de la consommation, notamment en fin d'année, l'année 2020 ne s'est pas si mal terminée. Une autre raison est la suivante: "Les plans qui ont été mis en place pour soutenir l'économie, c'est-à-dire le paquet de stabilisation ou le paquet "Neistart Lëtzebuerg", nous considérions encore en décembre, qu'ils devraient mobiliser plus d'argent que ce qui a réellement été mobilisé au final. Le fait que la situation donne l'impression d'être meilleure, semble meilleure, cela peut aussi avoir un certain impact."
Il y a eu aussi que l'Etat central s'est endetté à hauteur de 3,3 milliards d'euros pour soutenir l'économie: "C'est déjà quelque-chose qu'il n'y avait jamais eu et c'est déjà relativement significatif, même très significatif. Et c'est aussi quelque-chose qui nécessite plusieurs années pour pouvoir le compenser. Vous tombez plus vite de 0 à 3,3 milliards que vous revenez de 3,3 milliards à 0. Vu ainsi, c'est déjà très édifiant."
Par rapport à d'autres pays européens, le PIB ne s'est pas autant écroulé au Luxembourg, grâce au soutien considérable de l'Etat. L'avantage serait surtout que l'économie luxembourgeoise s'appuie sur des services financiers, qui n'ont pas été autant impactés par la crise, ajoute le président du CNFP. Ce secteur a même enregistré en 2020 une hausse de 2% au niveau des exportations.