Plus de temps pour le travail social"La numérisation, c'est de l'argent bien investi", selon la présidente de l'EOS

Annick Goerens
Ginette Jones, la présidente de l'Entente des Offices sociaux (EOS) était l'invitée de la rédaction de RTL mercredi. Il a notamment été question de l'augmentation en janvier des prestations sociales accordées aux personnes les plus vulnérables.
© Annick Goerens

Ce début d'année a été marqué par l'augmentation du salaire minimum et du revis "destinée à compenser la perte de pouvoir d'achat" et en plus l'augmentation de l'allocation de vie chère et de la prime énergétique: "c'est la meilleure chose qui puisse arriver", a déclaré mercredi sur RTL Ginette Jones. La présidente de l'Entente des Offices sociaux souligne que le gouvernement a travaillé de manière ciblée: "l'argent va à ceux qui en ont besoin".

Certains émettent des réserves sur le versement de l'allocation de vie chère en janvier pour l'année entière, c'est un gros montant. Bien entendu, elle est également perçue par des personnes ayant des problèmes d'addiction et "si cet argent parvient à quelqu'un qui a réellement des problèmes de dépendance, ce n'est pas bon", admet Madame Jones. Peut-être aussi qu'à Noël, l'argent a parfois été investi dans des cadeaux pour les enfants, parce que les parents ne pouvaient pas le faire l'année précédente. "Cela peut être critiqué, car ce n'est pas pensé pour cela. Mais les plus vulnérables peuvent parfois aussi faire une petite folie." "Il faudra à présent faire une évaluation avec les bénéficiaires, pour qu'à l'avenir, l'argent soit investi là où c'est vraiment nécessaire", ajoute la présidente de l'Entente des Office sociaux .

La numérisation fait gagner du temps pour le travail social

Ginette Jones se félicite également de l'automatisation de certaines demandes, comme par exemple la demande d'allocation de vie chère. "La numérisation devrait être étendue à d'autres mesures sociales." Jusqu'à présent, "une assistante sociale passait jusqu'à 60% de son temps à remplir des formulaires pour des démarches administratives. Cette automatisation donne plus de temps pour l'important travail social avec les intéressés, c'est-à-dire pour construire avec eux une relation étape par étape." "C'est donc de l'argent bien investi", conclut Ginette Jones.

Il faut simplifier les démarches pour la subvention de loyer

Il est important à présent de lancer d'autres chantiers. Par exemple la simplification de procédures administratives telles que celles pour obtenir une subvention de loyer. "Ces démarches sont tellement complexes et chronophages", que des bénéficiaires potentiels "doivent prendre congé pour les effectuer." Cela dissuade les gens de déposer une demande. Ce qui est dramatique, car les loyers constituent une lourde charge financière. Et alors "ces 200 euros de subvention manquent dans le budget". Beaucoup ne dépose pas non plus de demande auprès du Fonds du logement, car ils croient que de toute façon, ils n'obtiendront pas de logement. Dans les Offices sociaux, nous tentons d'aider les gens au mieux, mais bien sûr, nous ne pouvons pas résoudre "le problème du logement, qui dévore le budget des familles".

Un large débat sur la pauvreté, sur le modèle des retraites

Nous avons besoin d'un large débat sur la lutte contre la pauvreté et pas seulement avec les Offices sociaux. Il faudrait mener une approche similaire à celle de l'ASBL ATD Quart Monde, qui laissent parler les concernés. Il est très important aussi que "les décideurs se rendent sur le terrain voir les logements", où "crèchent" "en toute détresse" des personnes avec des bébés et des enfants. Ginette Jones utilise ce terme, parce que pour elle, le terme habiter ne peut plus être utilisé ici. Ces gens n'ont aucune perspective et il faut discuter avec eux. Ce débat ne peut évidemment "pas être mené sur la place publique afin de ne pas exposer ces gens", mais ce débat doit malgré tout être mené, selon la présidente de l'Entente des Offices sociaux.

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