Accord tripartiteLa Fédération des artisans salue la prévisibilité mais déplore l'absence de sélectivité

RTL Infos
Le nouveau président de la Fédération des artisans, Luc Meyer, était l'invité de la rédaction de RTL mercredi matin.

Dans l'artisanat, l'accord tripartite suscite des sentiments mitigés. Le nouveau président de la Fédération des artisans, Luc Meyer, a déclaré mercredi sur RTL que tout ce qui a été convenu verbalement la semaine dernière ne figurerait pas dans la dernière version écrite de l'accord tripartite, qui doit être signée mercredi. Il s'agit en fait de la promesse du gouvernement que, si une troisième tranche indiciaire devait tomber l'année prochaine, les entreprises seraient aidées par l'État.

Ce point manquait effectivement dans la première copie dont disposait RTL, mais il a été ajouté dans la version définitive de l'accord tripartite.

Indépendamment de ce point, l'accord ne satisfait pas tout à fait le président de la Fédération des artisans, qui est aussi à la tête d'une boucherie artisanale à Bascharage. Et cela parce qu'à ses yeux, pour les entreprises qui réalisent encore des marges, la pression sur ces marges va continuer à augmenter. Les prix de l'énergie, les prix des matières premières et les coûts salariaux restent élevés. Si on excepte la place financière, le Luxembourg serait au plus mal en matière de rentabilité, selon Luc Meyer.

Ce dernier comprend l'augmentation du salaire minimum, car la situation difficile actuelle affecterait également les salariés. "Sans salariés, il n'y a pas d'entreprises, mais sans entreprises, il n'y a pas non plus de salariés", selon Luc Meyer. Pour celui-ci, l'accord tripartite manque de "sélectivité" et il ne comprend tout simplement pas pourquoi on ne pourrait pas parler d'un plafonnement de l'index. Si des entreprises sont en crise, elles doivent fondamentalement tout remettre en question, d'après Luc Meyer. A propos de l'argument des syndicats selon lequel la politique sociale ne doit pas passer par l'index, mais par les impôts, il a répondu: "C'est pourquoi je ne comprends pas que les syndicats ne se soient pas imposés pour exiger la réforme fiscale."

Luc Meyer a été plus positif sur la prévisibilité. Dans l'artisanat, nous sommes en fait habitués à planifier sur 10, 20 ou 30 ans. Le président de la Fédération des artisans a espéré mercredi matin que l'accord durerait au moins un an ou un an et demi et n'aurait pas à être à nouveau renégocié dans six mois. Mais il a aussi souligné que selon le cours de l'économie, une récession suivrait une inflation élevée et que les premiers signes de celle-ci étaient là. Alors que le modèle luxembourgeois et les entreprises avaient surmonté les crises passées, nous aurions cette fois à faire face à plusieurs crises et cela deviendrait difficile. A la question de savoir si les mesures d'économie pour les ménages et l'État ne sont pas mauvaises pour l'économie, Luc Meyer a répondu: "Nous vivons actuellement dans une société de consommation, nous devons peut-être un peu revoir, corriger notre consommation et ne pas toujours dépenser l'argent que nous n'avons pas encore dans notre portefeuille."

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