
"Si un secteur est essentiel" dans la crise que nous vivons depuis bientôt un an, "c'est bien le secteur de l'agriculture car nous devons manger tous les jours", n'a pas manqué de souligner Guy Feyder le président de la Chambre d'agriculture, ce lundi matin au micro de RTL.
Il le dit clairement, les agriculteurs "ne sont pas satisfaits" du manque de reconnaissance par le gouvernement Bettel et laisse entendre que "la pression monte", au risque de déborder "un jour".
"Le secteur est toujours sous pression économique, en particulier les producteurs de viandes de bœuf et de porc parce que la restauration est toujours fermée. Les agriculteurs ressentent très nettement la crise", a-t-il assuré . Avant de lâcher: "Je dois dire que ça plombe aussi le moral".
D'autant que les agriculteurs sentent bien qu'ils ne pèsent pas lourds dans les décisions gouvernementales. Dès le départ de la crise "le gouvernement a attendu longtemps" avant de présenter son paquet de mesures mais son envergure "ne permet pas de parler d'indemnités mais tout au plus de reconnaissance symbolique", pose Guy Feyder. Concrètement avec "1.000 € d'indemnités" une exploitation agricole "ne va pas très loin".
Sous son calme apparent, le porte-parole des agriculteurs dit son énervement de pas voir porter plus haute la voix des agriculteurs par Romain Schneider, ministre de l'Agriculture, au sein du concert gouvernemental. "Nous le harcelons pour que les sujets agriculture soient traités politiquement mais nous ne sentons aucune résonance".
Pour Guy Feyder, le ministre ne répond pas aux multiples sollicitations des agriculteurs et manque d'une vraie vision d'avenir pour le secteur.
Le secteur porcin est particulièrement touché par le maillage international et des cours de prix "très fluctuants auxquels seules les plus grandes exploitations peuvent résister". "C'est très dur" pour les éleveurs de porc qui "perdent des milliers d'euros", et "beaucoup sont contraints de fermer", assure le président de la Chambre d'agriculture.
Au cours de la dernière année, le prix du kilo de porc a diminué "de plus d'un euro. Ça peut paraître peu mais au vu des marges très minimales, c'est une catastrophe pour le secteur", assure le président de la Chambre d'agriculture". Avant de rappeler qu'une baisse d'un euro avait déjà marqué le secteur il y a un peu plus d'un an.
En revanche, les producteurs de lait s'en sortent "juste avec un œil au beurre noir" car le marché international "est actuellement à l'équilibre".