
Une mesure déjà votée en 2012, mais jamais appliquée jusqu’ici. Cette fois, la commune entend passer à l’action.
Selon les estimations, entre 8 et 9 % du parc résidentiel eschois ne serait pas occupé, soit environ 1.500 logements potentiellement mobilisables. Pour le bourgmestre CSV Christian Weis, l’objectif est clair : responsabiliser les propriétaires et encourager la mise sur le marché de biens qui restent inutilisés depuis trop longtemps. La taxe concernera les logements destinés à l’habitation où aucune personne n’est déclarée depuis plus de 18 mois, y compris en second domicile.
Le montant augmentera progressivement : 50 euros par mètre carré la première année, 70 euros la deuxième, puis 100 euros à partir de la troisième. Toutes les formations politiques ont soutenu le texte, à l’exception de l’ADR. L’opposition a toutefois insisté sur la nécessité d’un suivi rigoureux. Déi Lénk ont déposé une motion demandant une évaluation de l’efficacité de la taxe après quelques années, afin de mesurer combien de logements auront réellement été remis en circulation.
Dans les rues d’Esch, les réactions sont largement favorables. Beaucoup de résidents saluent une mesure jugée nécessaire dans un contexte de pénurie de logements, dénonçant les chambres louées au noir ou les biens volontairement laissés vides pour faire grimper les prix. D’autres y voient un soutien bienvenu pour les étudiants et les nouveaux arrivants, souvent confrontés à une recherche de logement particulièrement difficile.
Le bourgmestre estime que sa commune pourrait devenir un modèle pour le reste du pays. Plusieurs municipalités auraient déjà demandé à consulter le nouveau règlement pour s’en inspirer. Esch espère ainsi ouvrir la voie à une mobilisation plus large du logement vacant au Luxembourg, dans un marché où chaque mètre carré compte.