Claude Marx"La Commission de surveillance du secteur financier est très sévère"

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Claude Marx, le directeur général de la CSSF, la Commission de surveillance du secteur financier, était l'invité de la rédaction de RTL Radio jeudi matin.

Grace au travail de la CSSF, „il survient beaucoup moins de problèmes, qu'il pourrait en arriver“.

C'est ce qu'a déclaré le directeur général de la Commission, Claude Marx, jeudi sur RTL. Les près de 1.000 agents de la Commission de surveillance trouvent "sans cesse" auprès des banques et des autres fournisseurs de services de la place financière, des choses qui mériteraient d'être améliorées ou qui doivent être sanctionnées. Par ailleurs, la CSSF reçoit beaucoup d'informations de la part de lanceurs d'alerte. „Il est intéressant [de constater]“ que la majorité d'entre eux ne contactent pas la Commission anonymement. La CSSF prend très au sérieux ce volet de son travail et elle suit tous ces signalements.

"75 ans de surveillance financière"

Le Luxembourg célèbre actuellement 75 ans de surveillance financière. Cet anniversaire est marqué par la sortie d'un livre et d'un film, d'où il ressort notamment que des scandales ont fait évoluer la régulation des institutions financières.  „Ce sont évidemment des chocs, auxquels on réagit ensuite“, selon Claude Marx. Les affaires "Luxleaks" ou "Panama Papers" ne sont cependant pas mentionnées dans le film "75 ans de surveillance financière". Le sujet était-il trop délicat? „Non absolument pas“, répond Claude Marx, qui renvoie au livre, où ces aspects sont traités. Il n'y a pas de tabou, mais nous n'avons pas pu tout couvrir dans le film.

Les scandales et les affaires sont les pires choses qui puissent arriver à la place financière luxembourgeoise, selon les propos de témoins de l'époque dans le film de la CSSF. Mercredi, la place financière a à nouveau fait les gros titres parce que la Banque Edmond de Rothschild au Limpertsberg est visée par la plainte d'un client russe aux Etats-Unis. Cette même banque avait déjà été sanctionnée par la CSSF pour son implication dans le scandale 1MDB en Malaisie. A la question de savoir combien de malversations peut ou doit faire une banque pour se voir retirer sa licence, Claude Marx répond: „L'idée n'est pas que nous soyons ici dans un jeu(...)“. La CSSF est „très sévère“ quand elle constate des choses qui ne sont pas correctes. Il y a des amendes, mais les institutions financières sont aussi citées nommément, ce qui est finalement la sanction, „parce qu'une banque vit de sa réputation“.

Le succès de la place financière

Quand on regarde 75 ans en arrière, beaucoup de choses se sont passées et le monde est aussi devenu beaucoup plus compliqué. La raison pour laquelle la place financière luxembourgeoise a conservé son succès malgré une régulation de plus en plus stricte et des règles internationales, serait, selon Claude Marx, „l'expertise accumulée au Luxembourg ces 30-40 dernières années“.

Le Brexit montre que de nombreuses institutions financières ont décidé de venir au Grand-Duché „parce qu'elles ont le confort qu'il s'agit d'une place financière sérieuse“. Il ressort du film que le Luxembourg a toujours développé ses règles en étroite collaboration avec les acteurs de la place financière.

La bonne santé de la place financière n'est-elle pas plutôt due au cadre plus généreux? Réponse de Claude Marx: „il existe aujourd'hui une transparence par rapport à l'origine de l'argent et des revenus des gens“. Le sujet n'est plus que la place financière soit utilisée pour ne pas payer d'impôts. La faible imposition des fonds d'investissement serait à rapporter au fait que l'on veut éviter la double imposition. Ces fonds sont très importants pour les investissements dans les entreprises et sur le marché des capitaux.

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