
La blistérisation est un procédé élaboré afin d'éviter les erreurs dans les prises de médicaments, surtout si le nombre de pilules à prendre est élevé. Un système qui fonctionne déjà dans plusieurs pays voisins du Luxembourg, où l'emballage personnalisé des médicaments est déjà pratiqué.
Remboursement problématique au Luxembourg
Le concept existe également chez nous, mais un cadre légal pour le remboursement fait encore défaut. Ce service doit garantir plus de sécurité au patient dans sa prise de médicament. Les pilules sont emballées de manière individuelle afin de limiter les risques d'une mauvaise administration.
Environ 80% des traitements ne sont pas correctement pris par les patients, selon Claude Hostert-Pfeiffer, présidente de la coopérative de blistérisation. Le procédé commence à la pharmacie où l'ordonnance du médecin est traitée de manière individuelle afin d'adapter les doses prescrites.
Une directive qui n'est pas appliquée
Un règlement grand-ducal de mai 2019 prévoit un remboursement par la caisse de maladie de 11,20 euros pour la blistérisation d'un patient par semaine. Une directive qui ne serait pas encore en vigueur, selon Alain de Bourcy, président du syndicat des pharmaciens luxembourgeois: "la sécurité sociale explique que le règlement est faux, juridiquement illégal, qu'une loi est nécessaire mais qu'elle serait actuellement analysée par le Conseil d’État".
Une situation problématique pour le centre de blistérisation qui a son propre bâtiment depuis 2016 afin de produire les emballages individuels. Le directeur du centre, Frédéric Hasdenteufel, souligne que sans garantie de remboursement des frais, les demandes des patients ne suivent pas.
Environ 250 patients hebdomadaires bénéficient du système. Il en faudrait environ 1.500 pour garantir un équilibre financier. Un chiffre réaliste selon le directeur du centre, puisque 7.500 personnes vivent dans des maisons de soin, ce qui représente environ 20% de ces patients. Plus le remboursement se fait attendre, plus le nombre de clients nécessaires augmente afin d'obtenir une assurance financière pour le centre.
Une situation qui ne peut plus durer pour cette structure dont les moyens pourraient être totalement épuisés au deuxième semestre de cette année.