Paul Heber d'Unicef LuxembourgLa bande de Gaza est "comme une grande prison"

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Le responsable de la communication d'Unicef Luxembourg, Paul Heber, était l'invité de la rédaction de RTL mercredi. Il a notamment décrit la situation humanitaire dans la bande de Gaza.
© Didier Weber / RTL

"Nous savons à quel point la situation entre Israël et le Hamas est politiquement complexe (...), mais pour une organisation comme l'UNICEF (le Fonds des Nations Unies pour l’enfance,NDLT), c'est très clair : nous sommes du côté des enfants", a expliqué Paul Heber, responsable de la communication d'Unicef Luxembourg, mercredi matin sur RTL. "La rapidité avec laquelle des enfants meurent dans le conflit est effroyable." En deux semaines, "plus de 2.300 enfants sont morts et plus de 5.300 ont été blessés." Il ne s'agit là que des chiffres qui ont pu être vérifiés. Chaque jour il y en a 400 supplémentaires, ajoute Paul Heber.

A partir de mercredi, les réserves d'essence seront épuisées

Actuellement, l'Unicef fonctionne sur le mode "stay and deliver", c'est-à-dire "rester sur place, même si c'est dangereux et livrer l'aide." Ainsi, aujourd'hui mercredi sera le jour où les réserves d'essence seront épuisées. Sans essence, "les hôpitaux ne pourront plus fonctionner, car les générateurs ne pourront pas tourner." Pas d'appareil d'assistance respiratoire, pas d'incubateur pour les nouveau-nés. De plus, l'eau potable doit aussi être préparée avec des appareils de désalinisation, des pompes etc. Tout cela ne peut se faire sans essence. "Actuellement, les habitants de Gaza doivent s'en sortir avec trois litres d'eau par jour." Le minimum vital d'eau potable nécessaire par jour et par personne est de 18 litres, rappelle Paul Heber. En outre, la situation est très dangereuse à Gaza. "45 travailleurs humanitaires ont déjà perdu la vie sur le terrain".

"Nous avons besoin d'un accès"

"Nous avons précisément besoin d'un accès, c'est le gros problème", selon Paul Heber. Avec les premiers convois, par exemple, "nous avons seulement livré 44.000 litres d'eau. Ce n'est rien." Il faudrait actuellement y envoyer "au moins 100 camions par jour." Bien sûr, en tant qu’organisation active depuis des décennies dans la bande de Gaza, l'Unicef a beaucoup de marchandises sur place, mais c'est généralement un chaos énorme en raison des flux de réfugiés internes à l'intérieur de la petite région.

La bande de Gaza est "comme une grande prison." "Personne n'y entre pour apporter de l'aide et aucun enfant n'en sort pour être pris en charge médicalement."

Paul Heber a encore souligné que l'aide financière est actuellement le soutien le plus efficace à l'Unicef, qui est certes une agence de l'ONU, mais sans budget.

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