Un mari violent risque 12 ans de prison"Je vis avec la peur, je veux juste la paix", dit son ex-femme

Diana Hoffmann
Un ressortissant irakien âgé de 56 ans comparaît depuis mardi devant le tribunal d'arrondissement de Luxembourg pour menaces, coups et blessures et viol à l'encontre de son ex-femme.

“Il manque de la précision, des preuves et des témoignages”, a indiqué l’avocat de l’accusé au deuxième et dernier jour du procès. Il accuse l’ex-épouse de son client d’exagérer. Elle veut être au centre et l’accusation de viol est un mensonge inventé, selon le défenseur de l’accusé, qui estime que ce dossier ne tient pas la route.

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En ce qui concerne les accusations de menaces de mort que son client aurait proférées à l’encontre de son ex-femme et de leur fille, ce serait parole contre parole. Concernant les coups et blessures, un rapport médical, qui parle d’un hématome derrière l’oreille, indique seulement une blessure légère, qui provient d’où ? Ce n’est pas clair. “La règle au pénal est que s’il y a un doute, s’il y a de nombreux doutes, cela doit profiter à l’accusé”, selon l’avocat. Si une peine est retenue à l’encontre de son client, cela ne peut être que du travail d’intérêt général.

Dans son réquisitoire, la représentante du parquet est revenue sur l’histoire de la femme. Celle-ci est arrivée d’Irak au Luxembourg avec son mari en 2008. Avant ça, elle avait déjà été frappée et violée par son époux. Les violences se sont poursuivies au Luxembourg. Même après la séparation du couple, d’autres agressions envers l’ex-épouse sont intervenues, alors que l’homme venait pour voir les enfants. Entre 2017 et 2020, l’accusé a menacé son ex-femme, sa soeur et même sa propre fille de les tuer.

La procureure a souligné que l’expert en psychologie avait déclaré qu’il n’y avait aucune raison de douter des déclarations de l’ex-femme et que la déclaration de cette dernière selon laquelle elle n’avait pas cherché de soutien auparavant contre les viols quasi quotidiens, était compréhensible dans le contexte. En Irak, c’est une autre culture, et les femmes ne connaissent souvent pas leurs droits lorsqu’elles se retrouvent au Grand-Duché. Ce n’est que si elles entrent en contact avec des assistants sociaux ou des psychologues qu’elles se rendent compte que les rapports sexuels non consentis constituent une infraction.

“Pour moi, il n’existe aucun élément dans le dossier qui fait penser que la femme ne dit pas la vérité”, a insisté la procureure. Et d’ajouter, “l’accusé ment quand ça l’arrange et il n’a absolument aucune crédibilité”. Le parquet a requis 12 ans d’emprisonnement à l’encontre de l’accusé en s’opposant à tout sursis, parce qu’il a déjà été condamné à deux reprises, en 2011 et 2013, pour coups et blessures à l’encontre de son épouse.

Cette dernière n’a pas réclamé de dommages et intérêts. “Je veux juste avoir la paix. Je vis avec la peur de lui. L’argent ne m’aidera pas”, a déclaré l’ex-conjointe devant le juge. Elle aimerait que ses deux enfants aient une vie normale.

L’accusé a peu profité des derniers mots qui lui étaient accordés. Il a raconté des histoires sur sa femme ou des histoires quand il était avec sa fille, dont il était difficile de comprendre le rapport avec l’affaire.

Le verdict est attendu le 3 avril.

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