Droits LGBT"Je ne me considère pas comme un danger" réagit Xavier Bettel

RTL Infos
Bettel, Macron, De Croo... 17 dirigeants de l'UE signent une lettre commune pour appeller au respect des "valeurs fondamentales". Au micro de RTL, le Premier ministre luxembourgeois, s'est montré très remonté contre l'intolérance.
Xavier Bettel défend les droits LGBT
17 dirigeants de l'UE interpellent les chefs des institutions européennes sur la nécessité de faire respecter les droits des personnes LGBT.

"S'accepter soi-même c'est déjà très dur, alors de se faire en plus stigmatiser... ça va très loin", a glissé ce jeudi le Premier ministre au micro de RTL. Xavier Bettel est apparu remonté en arrivant au sommet de Bruxelles où sera discuté, entre autres sujets, de la nouvelle loi discriminatoire hongroise.

Elle prévoit que "la pornographie et les contenus qui représentent la sexualité ou promeuvent la déviation de l'identité de genre, le changement de sexe et l'homosexualité ne doivent pas être accessibles aux moins de 18 ans".

La ligne franchie par le Hongrie est "rouge foncée", estime Xavier Bettel qui parle à l'imparfait "du respect qu'il avait jusqu'ici pour M. Orban", Premier ministre hongrois. "Mais si le but c'est dire que des homosexuels ou parler d'homosexualité est dangereux pour les jeunes... (il baisse la tête, silence et reprend) Moi j'étais jeune, j'étais homosexuel, je suis homosexuel, je suis moins jeune. Je ne me considère pas comme un danger. Mais pouvoir parler de tout c'est ça qui fait la tolérance d'une société. Et de vouloir stigmatiser c'est ne pas connaître ce que des millions de jeunes gens aujourd'hui sont mal dans leur peau. "

Xavier Bettel et 16 dirigeants de pays de l'UE, dont la France, l'Allemagne, la Belgique, l'Italie, etc. ont interpellé ce jeudi dans une lettre commune les chefs des institutions européennes et de l'ONU sur la nécessité de faire respecter les droits des personnes LGBT, après l'adoption d'une loi controversée par le Parlement hongrois.

Le courrier, diffusé sur les réseaux sociaux, est signé par seize dirigeants mais un 17e, le Premier ministre autrichien Sebastian Kurz, s'est ensuite rallié au groupe. C'est le Premier ministre Xavier Bettel, qui l' annoncé peu avant midi. Xavier Bettel a affirmé sur Twitter que Sebastian Kurz "nous a également rejoints ce matin avec sa signature".

Sans mentionner la Hongrie ni son Premier ministre Viktor Orban, la lettre déplore des "menaces contre les droits fondamentaux et en particulier le principe de non-discrimination en raison de l'orientation sexuelle" et rappelle l'"attachement à nos valeurs fondamentales communes, consacrées par l'article 2 du traité de l'UE".

Le Premier ministre luxembourgeois et Sebastian Kurz, son homologue autrichien, au sommet européen à Bruxelles
Le Premier ministre luxembourgeois et Sebastian Kurz, son homologue autrichien, au sommet européen à Bruxelles
© JOHANNA GERON / POOL / AFP

"Nous devons continuer à lutter contre les discriminations envers la communauté LGBTI en réaffirmant notre défense de leurs droits fondamentaux. Le respect et la tolérance sont au cœur du projet européen", poursuit le texte. Il a été publié quelques heures avant un sommet européen à Bruxelles où ce sujet devrait s'inviter à la table des discussions.

UNE LOI "SEULEMENT CONTRE LES PÉDOPHILES"

La lettre, adressée aux chefs de l'UE Charles Michel (président du Conseil européen, représentant les 27) et Ursula von der Leyen (Commission) ainsi qu'au secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, fait suite à une déclaration similaire publiée mardi à l'initiative de la Belgique, à l'occasion d'une réunion des ministres des Affaires européennes des 27 à Luxembourg.

Cette déclaration exprimait la "profonde inquiétude quant à l'adoption, par le Parlement hongrois, d'amendements discriminatoires à l'égard des personnes LGBTQI et violant le droit à la liberté d'expression sous prétexte de protéger les enfants". Elle a été soutenue par 17 capitales au total, selon un dernier décompte mercredi soir.

Le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto
Le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto
© JOHN THYS / POOL / AFP

Le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto a rejeté mardi les critiques européennes et dénoncé des "fake news". Il a affirmé que cette loi "n'était dirigée contre aucune communauté en Hongrie (mais) seulement contre les pédophiles".

À LIRE ÉGALEMENT: DOSSIER EXCLUSIF: XAVIER BETTEL, UN PREMIER MINISTRE EN PREMIÈRE LIGNE CONTRE L'HOMOPHOBIE

Back to Top
CIM LOGO