
Deux Européens convaincus: l'un a influencé la politique de l'Union européenne, l'autre l'a analysée et commentée en tant que journaliste et auteur. Caroline Mart, notre collègue de RTL Luxembourg, a discuté avec les deux hommes qui croient toujours en l'Union européenne, mais sans illusions sur les dangers et les difficultés.
En sachant que l'Union reste fragile. Les perspectives auraient pu être mauvaises pour le drapeau européen en France, en fonction du résultat de l'élection, selon Geert Mak: "J'ai eu vraiment cette pensée dimanche soir: ouf!"
Jean-Claude Juncker, à ce propos:"J'ai toujours eu de mauvaises relations avec Le Pen, c'est pourquoi je me réjouis qu'elle nous ait été épargnée."
Pour de nombreux Français, il ne restait que le choix entre la peste et le choléra, pour Juncker et Mak, on ne pourrait en aucun cas mettre les deux dans le même sac.
L'indulgence des Français, Emmanuel Macron peut à peine l'espérer et même le "ouf" de soulagement ne dissimule pas l'éclatement de la France, les défis attendus: "J'ai aussi pensé que les cinq prochaines années seront difficiles pour Macron, car il est le leader européen en ce moment. L'Allemagne n'est pas là et il doit mettre tous ses efforts dans la politique intérieure, cela peut devenir rapidement problématique", selon Geert Mak.
Si le rêve européen s'était transformé en cauchemar, si Le Pen avait gagné, l'Union, telle que nous la connaissons, se serait-elle effondrée? La question est posée à Jean-Claude Juncker: "Je ne pense pas que l'Union européenne est menacée dans son existence. Un pays à lui seul ne peut pas arrêter l'UE, mais ralentir le processus. Il y aurait eu de grandes difficultés."
Avec le pragmatisme et l'expérience que donnent les années, les deux hommes discutent d'une Europe en mode crise durable, difficile d'encore faire de la politique avec prévoyance. Même les vieux renards se trompent. Jean-Claude Juncker n'aurait jamais cru que Poutine attaquerait l'Ukraine. Dans le livre de Mak, c'est presque annoncé...
Aurait-on pu le voir avec du recul? Geert Mak: "Il faut vivre dans cette crise, nous n'avons pas d'autre choix. L'Union européenne, comme l'Amérique, est en construction. L'Amérique a aussi mis 130 ans à se construire, il a même fallu une guerre civile, je n'espère pas cela pour l'Europe. C'est vraiment un processus très compliqué et en même temps nous vivons aussi dans un monde qui change rapidement."