
Interdire de fumer dans la rue pour mieux éviter la propagation du virus, est-ce une bonne idée? Entrée en vigueur cet été dans plusieurs régions d'Espagne là où la distanciation physique n'est pas possible, la mesure divise la population comme les scientifiques.
Bien que la Société espagnole d'épidémiologie ait réclamé cette interdiction dès le début de l'été, arguant que "les fumeurs qui sont infectés et asymptomatiques peuvent émettre des gouttelettes contenant le virus et faire courir des risques au reste de la population", certains médecins estiment que l'on manque encore de preuves sur le risque de transmission, quand bien même les fumeurs doivent ôter leur masque pour s'offrir une cigarette.
Il y a quelques jours, nous vous demandions justement de nous expliquer en quoi elle pourrait être une bonne ou une mauvaise chose si elle était appliquée au Luxembourg. La majorité de nos lecteurs (57%) se prononcent en faveur de cette interdiction.
"La sécurité avant tout" écrit Constance, convaincue que le principe de précaution doit s'appliquer. "Le fumeur exhale une fumée qui est sèche et ne contient pas de micro-gouttelettes qui pourraient propager le virus. Si le fumeur tousse en revanche, (comme c’est souvent le cas des fumeurs) il y a des gouttelettes" estime Dadou. Pour certains, c'est même une question de logique: "Si la distance ne peut pas être respectée, on doit mettre le masque. Donc on ne peut pas fumer."
Malgré tout, les anti-tabac ont bien compris que cette mesure controversée pouvait aussi servir de cheval de Troie pour mieux restreindre les possibilités de s'en griller une. Nombreux sont nos lecteurs non-fumeurs à vouloir profiter de l'idée pour améliorer la qualité de vie au Luxembourg et faire disparaître ces indésirables cigarettes. "On ne peut plus marcher dans la rue à Luxembourg sans sentir la fumée de cigarette quasiment en permanence" regrette Ferreira. "Les milliers de mégots jonchent les trottoirs et polluent les nappes phréatiques." - "Les gens n'ont aucun respect et fument n'importe où, même dans les endroits où sont présents des enfants!!!" dénonce Leyens.
Le problème des mégots négligemment jetés par terre - ce qui est punissable au Luxembourg - et le tabagisme passif constituent leurs cibles principales. "Déjà sans covid, la fumée en pleine rue est assez incommodante" réagit Stalker. "Avec le masque, la sensation de souffle court se fait vite ressentir et un certain inconfort est bien présent mais nous le portons pour protéger les autres et nous-mêmes. Cet inconfort est accentué lorsque nous marchons derrière un fumeur qui lui ne porte pas de masque et nous importune" nous écrit Ele. "Avec le masque, c’est encore plus dur pour un non-fumeur: la fumée s’incruste et on a l’odeur de la cigarette en continu, c'est très désagréable" confirme Geny.
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Cette volonté de limiter un peu plus le tabac, les premiers intéressés l'ont bien compris. L'internaute "TrucMuch" se demande par exemple s'il ne devra pas bientôt se cacher "dans les toilettes" pour fumer. Kiem constate elle que les contraintes s'accumulent: "Je ne suis pas fumeuse mais je trouve que ça va trop loin avec les interdictions."
Un sentiment partagé par de nombreux fumeurs qui se sentent persécutés. "Je trouve que l’on nous impose déjà beaucoup de restrictions, alors foutez la paix aux fumeurs" lance Lucette. "C’est pas parce qu'on ne fume plus dans la rue qu’il n'y aura pas plus de cas" clame Rese. Le terme "liberté" est cité à plusieurs reprises par des lecteurs soucieux de préserver leur droit à la cigarette. Mike rappelle lui que "si le masque n'est pas obligatoire dans la rue, il n'y a aucune raison d'empêcher les gens de fumer".
Et justement, pourquoi ne pas imposer le masque dans la rue? C'est la proposition de Lili, pour couper court au débat. Les lecteurs de RTL 5minutes s'étaient justement prononcés en faveur de cette mesure adoptée par de nombreuses villes en Europe.
Interdire de fumer dans la rue lorsque la distanciation physique n'est pas possible provoquerait toutefois de belles migraines aux autorités tant la mesure semble difficile à faire appliquer. D'ailleurs, à ce jour, presqu'aucun pays n'a suivi l'exemple de l'Espagne.
Vama nous souffle finalement une solution moins contraignante: créer des zones fumeurs autour des cendriers. Une réponse qui limiterait autant le tabagisme passif que les jets de mégots dans les regards d'égouts. Mais là encore, pas sûr que les fumeurs apprécient cette idée... Fumeuse.