
"Il y a un manque aigu de psychiatres au Luxembourg. Le système risque de s'effondrer", dit le Docteur Robert Wagener de la SLPPP, la Société luxembourgeoise de Psychiatrie, Pédopsychiatrie et Psychothérapie. Cette dernière a présenté ses revendications lors d'une entrevue avec la ministre de la Santé, Paulette Lenert, vendredi dernier.
Il faudrait surtout qu'il se passe quelque-chose dans le domaine de la nomenclature et au niveau de la situation des gardes, selon les représentants des psychiatres.
Les négociations avec la Caisse nationale de Santé sont en cours. Il faudrait absolument revaloriser les actes des psychiatres et des pédopsychiatres, affirme le Docteur Robert Wagener, parce que sinon, la profession n'est pas attractive financièrement: "Et là, nous perdons ceux qui s'orientent différemment et vont dans d'autres spécialisations, parce que cela ne vaut simplement plus la peine de choisir une spécialisation si peu attractive."
Autre problématique, celle des gardes, des services de nuit et des disponibilités dans les hôpitaux, souligne le président de la SLPPP, le Docteur Paul Hédo: "Là il faut voir (...), réfléchir à la manière de rémunérer financièrement cette contrainte. Et aussi comment peuvent être organisés les services de nuit dans le système global. Peut-être faut-il en arriver à une mutualisation de différents hôpitaux, de différents services. Ce qui signifie qu'il faut arriver à une réflexion générale sur l'organisation des urgences. Qu'est-ce qui relève d'une urgence?"
Le recrutement constitue un autre gros problème: "Nous n'obtenons plus de médecins de l'étranger ou beaucoup moins qu'avant et c'est pourquoi nous avons proposé, avec l'Université du Luxembourg et la Medical School, de commencer une formation à la psychiatrie pour adultes et à la pédopsychiatrie au Luxembourg. Cela pourrait être organisé avec des acteurs du terrain, peut-être avec une université étrangère."
Après l'entrevue, la ministre de la Santé, Paulette Lenert, a affirmé qu'elle va examiner les priorités de la SLPPP avec le ministre de la Sécurité sociale, Romain Schneider. Selon le président de la Société, il faudrait agir à court terme, sans oublier le long terme.