13 mars 2014Il y a 10 ans, le crassier de Mondercange était victime d'un glissement de terrain

Diana Hoffmann
Depuis le glissement de terrain, des travaux ont été réalisés pour sécuriser et renaturer le crassier et ses alentours.
© Christophe Hochard / RTL

La quantité de travaux d'entretien que peut entraîner une décharge vieille de plus de 100 ans est surprenante. Il est question ici du crassier de Mondercange, victime d'un éboulement le 13 mars 2014, il y a précisément 10 ans, et qui s'est écroulé sur la route CR106 entre Mondercange et Esch.
A bonne distance, une nouvelle route a été mise en service trois ans plus tard, en octobre 2017. Depuis pas mal de choses se sont passées sur la décharge et vont encore se passer. Mais d'abord un peu d'histoire. Le crassier de Mondercange, d'une superficie de 23 hectares, est situé près du quartier d'Esch/Lallange. Le terrain appartient depuis 1914 aux prédécesseurs d'ArcelorMittal. Dans les années qui ont suivi, les scories des hauts fourneaux y ont été déversées. Auxquelles sont venues s'ajouter les ordures ménagères de la Ville d'Esch jusqu'en 1970. Aujourd'hui le site est exploité par la société Cloos, qui y apporte de la terre.

Mais à partir de la mi-mars 2014, l'activité sur le site a été perturbée. Le soir du 13 mars, les habitants de Mondercange ont soudain été surpris de se retrouver face à un écran noir devant leur télévision. Il ne s'agissait pas d'une panne électrique ordinaire. Un glissement de terrain sur le crassier avait détruit le câble d'Eltrona. Ce n'est que progressivement que l'on a pu analyser ce qui avait déplacé près d'un million de mètres cubes de terre ce soir-là. De septembre 2013 à février 2014 inclus, il avait énormément plu. Bien plus que ce qu'il tombe en moyenne à cette période. Ces grandes quantités d'eau de pluie s'étaient pour ainsi dire infiltrées dans la décharge et l'avaient rendue instable.

Que s'est-il passé au cours des 10 dernières années?

Dix ans plus tard, Jeannot Fürpass, bourgmestre de Mondercange raconte ce qu'il s'est passé depuis. Une couche d'argile a ainsi été posée sur le crassier, afin d'éviter que trop d'eau ne s'y infiltre. L'angle selon lequel la terre est aujourd'hui comblée avec des débris de chantier a été réduit, pour faire en sorte que la colline soit moins raide. De plus le nouveau sol est tassé en permanence. La sécurité est la première priorité, selon le bourgmestre de Mondercange, juste avant la nature.

Les responsables communaux ont également voulu faire quelque-chose en matière d'écologie. La nature détruite par le glissement de terrain, a été et sera compensée. Mais ils voulaient aller encore plus loin. Un drainage de 1.400 mètres de long a été réalisé autour du crassier. Puis un autre à l'intérieur en profondeur. Comme l'eau ne s'écoule pas seulement du terrain, mais s'infiltre également dans les couches du sol et présente alors un pH et un taux de nitrate élevés, des pompes ont été installées. Celles-ci conduisent l'eau dans divers bassins de collecte. Là, elle est ensuite filtrée de manière naturelle, avant de se déverser dans le cours d'eau "Kiemelbaach" juste à côté. Des répercussions positives sont constatées sur l'Alzette, dans laquelle se jette le Kiemelbaach, jusqu'à Bettembourg, souligne Jeannot Fürpass.

Et le crassier va encore être utilisé de manière positive. Une installation photovoltaïque va être installée au sommet, qui pourra fournir de l'électricité à 1.850 ménages de quatre personnes. Le projet pourra être réalisé d'ici 2026, mais seulement en cas de réussite de la relance de l'économie, explique le bourgmestre. En effet, pour que le projet puisse se réaliser, le plateau doit continuer à croître et cela ne peut se faire qu'avec de nouveaux gravats.

© Christophe Hochard / RTL

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