Mouveco tire la sonnette d'alarmeIl faut "pousser" le bio bien moins contaminé par les pesticides

Fanny Kinsch
Le Mouvement écologique a analysé des données sur la teneur en pesticides des aliments. Les produits bio s'en sortent bien mieux.
© SHUTTERSTOCK

Les aliments non bio vendus au Luxembourg, présentent une teneur en pesticides bien plus élevée que les aliments bio, a souligné jeudi l'organisation environnementale Mouvement écologique lors d'une conférence de presse. 45,9 % des aliments conventionnels, que les consommateurs peuvent trouver dans le commerce au Luxembourg, sont contaminés par les pesticides. Pour les produits bio, ce pourcentage tombe à 12,6% dans l'Union européenne. Les aliments conventionnels issus de la production luxembourgeoise, sont légèrement moins contaminés que la moyenne européenne, qui est à 54,4%.  
 
Les aliments vendus au Luxembourg, sont parfois contaminés à des pesticides interdits dans l'UE. En effet, ces pesticides peuvent toujours être produits ici et exportés ensuite, selon Roger Dammé, secrétaire du conseil d'administration du Mouvement écologique. Et nous les retrouvons ainsi dans des produits importés dans l'Union européenne. 
 
“Là nous voyons qu'environ un quart des produits conventionnels proposés en supermarché au Luxembourg ou qui figurent dans les échantillons prélevés à l'importation, sont chargés de pesticides dont l'utilisation n'est pas autorisée ici dans l'UE.”
 
Pour les produits bio, il s'agit de 8%. Le Mouvement écologique demande que les pesticides qui ne sont pas autorisés dans l'UE, ne puissent plus être exportés et que les aliments contaminés par ces pesticides ne soient plus importés. Le Luxembourg devrait en outre s'engager en faveur de l’abandon des pesticides au niveau européen.

Des fruits et légumes particulièrement contaminés par les pesticides

Les fruits et légumes vendus au Grand-Duché seraient plus contaminés que dans le reste de l'Europe. Les résultats sont plutôt préoccupants, selon Claire Wolff de Mouveco.
 
"Le fait est en effet que pour certains aliments, tous les échantillons, sans exception, sont chargés de résidus. Il s'agit par exemple de mûres, myrtilles, grenades, mirabelles, oranges et de persil. Donc, s'ils sont issus de la production conventionnelle, nous pouvons être sûrs qu'ils ne sont pas vierges de pesticides."
 
Les pommes et les fraises issues de la production conventionnelle sont également très contaminées. Laver ces aliments ne suffit pas nécessairement, car le lavage ne permet pas de se débarrasser de tous les pesticides. 
 
Les fruits et légumes cultivés sous serres présentent des teneurs particulièrement élevées. C'est pourquoi l'organisation environnementale appelle à l'introduction de critères pour les aides financières accordées pour les serres, explique la présidente de Mouveco, Blanche Weber, “car là, d'autres pesticides encore peuvent être utilisés. Nous ne comprenons pas ce qui empêche le ministère d'introduire là des critères de culture.”

Mouveco réclame plus de transparence

Pour son enquête, le Mouvement écologique se base sur des données de l'ALVA, l'Administration luxembourgeoise vétérinaire et alimentaire, datant de 2022. Ce sont les plus récentes. Mouveco regrette que l'ALVA n'ait pas traité elle-même ces données de manière plus approfondie. L’Administration devrait mieux informer la population sur la teneur en pesticides des aliments. Le gouvernement est également sollicité, souligne la présidente du Mouvement écologique, Blanche Weber:
 
"Ces analyses sont absolument évidentes. Le bio, c'est l'avenir, Le bio est pour ainsi dire, pratiquement sans pesticides, les aliments produits au Luxembourg se distinguent particulièrement et l'Etat doit maintenant définitivement tout faire pour pousser le bio. Nous n'atteindrons pas les objectifs fixés dans le Plan d'action bio. C'est clair. iI faut dès lors plus parler avec le nouveau plan d'action qui arrive, de ce dont il s'agit, comment nous pouvons vraiment commencer maintenant et admettre de pousser vraiment le bio, à cause de la santé des gens."
 
Si la production bio était plus soutenue politiquement, ces produits pourraient également devenir moins chers. L’État doit aussi miser davantage sur le bio dans les cantines publiques, comme c’est déjà le cas dans les écoles. C'est particulièrement important dans les hôpitaux et les maisons de retraite.

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