Drones au LuxembourgMarc Baum (déi Lénk) dénonce le manque de transparence du gouvernement

Carine Lemmer
adapté pour RTL Infos
Mardi matin, Marc Baum, député déi Lénk, qui cèdera son mandat le mois prochain à un autre élu de son parti, était l'invité de la rédaction de RTL. Plusieurs sujets d'actualité ont été abordés, dont les incidents avec les drones et le conflit entre l'AMMD d'une part, et la ministre de la Santé et la CNS, d'autre part.
© Carine Lemmer

Ces derniers jours, des incidents impliquant des drones ont été signalés au Luxembourg. Vendredi soir, l’aéroport est resté fermé pendant plusieurs heures et, hier, il a de nouveau dû fermer pendant près d’une heure. Une cellule interministérielle d’évaluation s’est réunie et le Premier ministre Luc Frieden a tenu un point presse, mais sans fournir beaucoup d'informations. Interrogé sur la situation, Marc Baum a indiqué qu'il ne pouvait rien dire de plus, car "même en tant que députés, nous n’en savons pas plus que quiconque. Autrement dit, nous sommes nous aussi face à un grand point d’interrogation quant à ce que tout cela signifie". Il souligne qu'en tant qu'élu, il ignore "le niveau d’information du gouvernement à l’heure actuelle. Quelles sont les thèses, les hypothèses qu’il examine en ce moment ?" Le représentant de la Gauche insiste sur le fait qu'"une fois de plus, ce gouvernement ne donne pas l’impression de maîtriser la situation".

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement communique mal

Pour l'élu,"il est problématique que le gouvernement ne fasse pas preuve de davantage de transparence" concernant les incidents impliquant des drones et "qu’il ne dise pas clairement ce qu’il sait et ce qu’il ne sait pas". "Il laisse ainsi énormément de place aux spéculations et à l’incertitude", a déclaré Marc Baum mardi matin sur RTL. Le député déi Lénk estime que "dans le cadre d’une stratégie de résilience, le rôle du gouvernement devrait être de rassurer. Or, il n’y parvient pas".

Et ce n'est pas la première fois, d'après Marc Baum. Lors des incendies dans les Hautes Fagnes ou lorsque le réseau de POST a été piraté, la communication de crise du gouvernement aurait déjà été "une véritable catastrophe".

Déi Lénk critique les "revendications maximalistes" des médecins

Le conflit dans le secteur de la santé entre l’AMMD et la CNS, ainsi qu’avec la ministre de la Santé Martine Deprez, figurait également parmi les sujets abordés mardi matin. Alors que la convention qui liait les médecins à la Caisse nationale de Santé, a été dénoncée par l'Association des médecins et médecins-dentistes, aucun accord n'est en vue pour la signature d'une nouvelle convention. Le système continue néanmoins à fonctionner par le biais de règlements grand-ducaux.

Selon l'élu déi Lénk, les médecins ne sont pas prêts à négocier. "Ils voudraient que toutes les promesses électorales soient mises en œuvre comme condition préalable à la signature de quoi que ce soit." Mais pour Marc Baum, "on ne peut pas négocier de cette manière. On ne peut pas arriver avec des revendications maximalistes et dire ensuite qu’il faut d’abord que tout soit mis en œuvre et signé" avant d'être prêt à faire un premier pas.

Déi Lénk soutient le système de santé conventionné actuel, "qui fonctionne très bien", car il est encadré par les pouvoirs publics. Or, les médecins "aimeraient pouvoir fixer eux-mêmes leurs propres tarifs, mais ce serait la mort de notre système public de santé et cela conduirait tout droit à une médecine à deux vitesses", dont les patients seraient les premier à pâtir. "Aucun des sept partis représentés à la Chambre n’est favorable à de telles idées", estime Marc Baum.

L'élu rappelle que des textes sont en préparation pour "permettre de réaliser de petites interventions dans les cabinets médicaux. Le seul impératif est que ceux-ci doivent avoir un lien avec l’hôpital. Sinon, nous risquons de nous retrouver dans une situation où les hôpitaux, qui sont financés par des fonds publics, ne feraient plus que les actes non-rentables et, à ce moment-là, les hôpitaux ne seraient tout simplement plus finançables".

La victoire électorale de "die Linke" à Berlin, donne de l’espoir

La victoire électorale de la gauche allemande à Berlin a également été évoquée. Selon Marc Baum, ce résultat est un signe d’espoir. Ils se sont présentés avec un programme clairement orienté socialement. "Leur mot d’ordre était : 'Berlin doit redevenir abordable'. Ils sont surtout intervenus dans le domaine du logement. Cela signifie que leurs idées concernant un plafonnement des loyers sont des idées que nous partageons tout à fait ici, au Luxembourg, tout comme leur volonté d’investir massivement dans le logement public."

Marc Baum ne considère pas populiste la proposition de die Linke visant à exproprier les grands groupes immobiliers à Berlin. Il souligne que "la situation à Berlin est un peu différente. Au Luxembourg, nous n’avons pas une telle concentration sur le marché immobilier, avec des sociétés qui possèdent réellement des milliers, voire des dizaines de milliers de logements." Il y a cinq ans, lors d’un référendum populaire, une majorité de près de 60 % s’était également prononcée en faveur d’une "socialisation" des groupes immobiliers.

Le principe de rotation de déi Lénk fait débat et pourrait être modifié

Marc Baum cèdera son mandat à la Chambre des députés à la mi-octobre, conformément au principe de rotation appliqué au sein de son parti. Gary Diederich lui succédera. Il en ira de même pour David Wagner, qui sera remplacé par Ana Correia da Veiga. La prestation de serment aura lieu le 14 octobre.

Interrogé sur la pertinence du principe consistant à céder son siège à mi-mandat, Marc Baum a expliqué que cela n’avait pas été une surprise pour lui et qu’il avait accepté ce fonctionnement. La question de savoir si ce principe de rotation sera maintenu à l’avenir fait toutefois actuellement l’objet de discussions "sans préjuger de leur issue".

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